Kouchner: « La France doit reconnaître ses crimes horribles en Algérie »
L’ancien ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, semble revenir sur sa position vis-à-vis de la reconnaissance par la France de ses crimes perpétrés en Algérie.
En tout cas, c’est ce qu’il aurait laissé entendre lors d’une interview accordée samedi à Al Quds Al-Arabi dans laquelle il a dit : « La France a commis des crimes horribles en Algérie ».
« La France a commis des crimes horribles en Algérie qu’elle doit reconnaître. Il y a des événements et des faits qu’on ne puisse nier », a indiqué Bernard Kouchner, qui refusait d’évoquer ce dossier du temps de l’ancien président français, Nicolas Sarkozy.
L’ancien chef de la diplomatie française avait dit en février 2010 que: « la relation entre la France et l’Algérie sera peut-être plus simple lorsque la génération de l’indépendance (1er Novembre 1954) ne sera plus au pouvoir». Autrement dit, le responsable français ne souhaiterait plus voir aux commandes de l’Algérie des héros qui ont pris les armes pour chasser à jamais le colonisateur français.
Le virement de position de Kouchner par rapport au passé colonial de son pays ne peut que susciter d’interrogations, d’autant plus que ses propos soient tenus à quelques semaines d’une élection présidentielle cruciale en France!
Ne cherche-t-il pas, en vérité, à occuper un poste au sein du prochain gouvernement si Emmanuel Macron, qu’il n’a pas tari d’éloges et promet de lui donner sa voix, venait être élu à la magistrature suprême?
« Je refuse ce qualificatif (crime contre l’humanité). Je pense que Macron n’était pas chanceux de l’expression qu’il a utilisée. S’il ne s’agissait pas d’un lapsus dû à un excès de zèle, je dirais que c’est une tentative d’attirer les électeurs français d’origine algérienne. On ne peut traiter ce genre de dossiers sensibles et cette histoire pleine de plaies et de douleurs par des déclarations aux conséquences incalculables», a-t-il estimé en revanche.
Et le cofondateur de Médecins sans frontières (MSF) d’enchaîner: « La France n’a pas l’audace de reconnaître les crimes qu’elle a commis durant l’époque coloniale car les gouvernements succédés n’avaient pas le courage de le faire. Et si c’était le cas, les relations entre les deux pays seraient améliorées et les enfants français de la 3e et 4e génération d’origine algérienne vont sentir que la France respecte le pays de leurs parents et leurs grands-parents. Les gouvernements français qui se sont succédé n’ont pas eu le courage de clore définitivement ce dossier comme l’a fait par exemple la Grande-Bretagne. Mais, je pense que la responsabilité est partagée par la France d’une part, et le régime algérien d’une autre, car ce dernier n’a pas œuvré à clore ce dossier et entamer de nouvelles relations basées sur le respect mutuel ».
Kouchner aurait fait de tels propos par conviction que l’Algérie n’allait pas abandonner sa revendication de la reconnaissance des crimes commis par le colonisateur français, la repentance et ensuite l’indemnisation!