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L’avocat de Baghdadi réplique : ” Son extradition est un scandale et un comportement illégal “

الشروق أونلاين
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L’avocat du dernier Premier ministre libyen sous le régime de Kadhafi, a critiqué hier la décision du gouvernement tunisien d’extrader son client vers la Libye.

Contacté par nos soins, Al Bachir Al Sayed a manifesté son regret après les déclarations faites par le ministre tunisien de la Justice, Noureddine Bhiri, à Reuters, selon lesquelles, son client, Baghdadi Mahmoudi, sera extradé vers la Libye, dont la date n’est pas encore fixée.

Il est à noter que le ministre tunisien de la Justice insiste sur le fait que l’extradition du dernier Premier ministre libyen ne se fait sauf si la Libye fournit les garanties d’un procès équitable.

L’avocat tunisien de Mahoudi, Me Béchir Essid, a qualifié la décision d’extradition de son client d’ « injuste et d’illogique ». « De nombreux défenseurs des droits de l’Homme, d’avocats en Tunisie et ailleurs et moi dénonçons et refusons fermement l’extradition de Baghdadi Mahmoudi ». « Si jamais la Tunisie extrade effectivement en Libye mon client, elle transgressera une règle d’or selon laquelle aucun pays du Maghreb n’a, jusqu’ici, osé extrader un réfugié politique originaire de la région », a-t-il commenté.

Il a cité, à ce sujet, le cas du père youssefiste de l’actuel président provisoire de la république Mohamed Moncef Marzouki qui s’était réfugié au Maroc et que le roi HASSAN II avait refusé l’extradition, le cas du défunt Mohamed M’zali, ancien premier ministre de Bourguiba qui avait demandé refuge en Algérie, pays qui a refusé à son tour de l’extrader et le cas du commandant Mehichi (libye) qui s’était réfugié en Tunisie et dont l’extradition a été rejetée. Me Béchir a en outre salué le geste de l’Algérie d’avoir préservé cette règle d’or du Maghreb en refusant d’extrader la famille de Mouammar Kadhafi qui s’est réfugiée dans ses territoires.

Me Béchir Essid a affirmé que les raisons n’autorisant pas l’extradition de son client son disponibles. Selon lui, « la Constitution et la loi tunisiens interdisent l’extradition des personnes politiques ou des personnes à des fins politiques, tout comme les conventions judiciaires conclues entre Tunis et Tripoli ainsi que le droit international, notamment si l’extradition s’effectuera vers un pays qui ne fournit pas des garanties d’un procès équitable.

L’avocat de Mahmoudi a aussi appelé l’opinion publique tunisienne, les organisations humanitaires, les défenseurs des droits de l’Homme ainsi que les syndicats à agir afin d’empêcher ce qu’il qualifie de « scandale » de se produire.

« Comment a-t-on pris une telle décision alors que l’ex-président par intérim tunisien Fouad Mebazaa avait refusé de signer le décret d’extradition de Mahmoudi? Comment le pouvoir actuel a-t-il rouvert le dossier déjà classé par Mebazaa ? », s’est-il interrogé.

Il convient de rappeler également, à ce sujet, que le ministre tunisien de la Justice, Noureddine Bhiri avait annoncé mardi que Mahmoudi Baghdadi sera extradé à la Libye, laquelle s’engage à respecter son intégrité morale et physique et lui garantissant un procès équitable.

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