Le coordinateur du CNDDC: «Notre but dans la marche est de réhabiliter le Sud»
Le coordinateur du Comité national pour la défense des droits des chômeurs, Tahar Belabès a déclaré dans une interview qu’il nous a accordée que le but de la marche du 14 mars prochain est de considérer le Sud après s’être marginalisé. Tahar Belabès a dit que les jeunes de la région ne croient pas aux décisions prises par le gouvernement Sellal pour apaiser leur colère.
Le gouvernement a décidé de nouvelles mesures en faveur du Sud… ne sont-elles-suffisantes selon vous?
Nous ne faisons jamais confiance à ces responsables et à leurs décisions. Nous avons une longue expérience avec ces mêmes responsables qui avaient déjà pris des dizaines de décisions mais aucune ne s’est traduite en fait sur le terrain.Bien au contraire, les mesures prises récemment soit par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal ou par ses ministres ne visent qu’à apaiser la colère des jeunes contestataires, après nous avoir traités de sujets de l’étranger, de séparatistes…etc. Je dois dire que je suis accusé d’avoir pris part à une réunion en Suisse pour préparer cette marche, alors que je n’ai même pas un passeport.
Qu’est-ce qui est demandé du gouvernement alors?
Il appartient au gouvernement d’ouvrir à présent les voies d’un véritable dialogue avec les véritables représentants de la population du sud et ne pas se livrer à l’implication des représentants, produits de l’administration, au sein du mouvement pour avorter ses efforts. Je vous confirme qu’au cours de ces dernières 48 heures, le ministère de l’Intérieur a mis en place un plan sécuritaire au niveau des wilayas concernées par la marche du 14 mars prochain. Les députés de ces wilayas appliquent à la lettre ce plan visant à tout prix avorter notre action de contestation en interdisant les rassemblements et l’arrestation des activistes qui appellent à la marche …
Maintiendrez-vous votre mot d’ordre pour jeudi prochain?
Oui, nous maintenons notre marche… nous allons sortir dans la rue le 14 mars Inch’Allah.
Ne pensez-vous pas que cette démarche pourrait déstabiliser la région?
Je ne crois pas ainsi. Mais au contraire, nous sommes décidés de sortir dans la rue pour mettre les points sur les « i ». Nous ne revendiquons pas, comme le prétend l’Etat, à la séparation mais plutôt à l’unité du pays basée sur le progrès social équitable.
Il y en a ceux vous accusent d’avoir politisé les revendications sociales de la jeunesse du Sud?
C’est pourquoi d’ailleurs nous avons décidé d’investir la rue pour faire face à toutes ces accusations. Notre objectif, c’est bel et bien que le Sud soit réhabilité et considéré après s’être séparée abusivement par des décisions des responsables tant du nord que du sud. A cet égard, je dois vous confirmer qui nous nous battons pour que le Sud algérien ne soit ni le Nord-Mali ni l’Ouest de la Libye, car les données actuelles donnent cette impression. Ces dernières montrent bien clair les points communs entre ces trois régions que je viens de citer, notamment en ce qui concerne les conditions sociales déplorables auxquelles les populations de ces trois régions sont confrontées.Cependant, je ne remets pas en cause l’Etat pour être seul responsable de cette situation, mais il y a aussi de la mafia internationale qui en profite de la situation déplorable des enfants de la région… En effet, nous avons de revendications purement sociales qui n’ont rien à voir avec la politique.
Les notables de la région s’opposent à cette démarche (marche)… quel commentaire faites-vous à ce sujet?
Les notables de la région sont le produit du ministère de l’Intérieur et n’ont aucune influence sur les enfants de la région. Pour preuve, nous sortirons en masse le 14 mars prochain.