Le général à la retraite Khaled Nezar : « J’ai choisi de prendre position aux côtés de Boumediène et choisi la discipline contre la rébellion »
Après que son nom a été remarquablement répété à maintes reprises dans les mémoires du colonel de Tahar Zebiri et dans de nombreuses affaires, dont son attitude vis-à-vis du coup d’Etat mené par ce dernier contre Houari Boumediène en 1967, son différend avec l’ex-président de la République Lyamine Zeroual qui a démissionné du Commandement des forces terrestres, nous avons pris contact avec le général à la retraite Khaled Nezar pour enrichir ce débat qui contient plusieurs points. Les voici des éclaircissements donnés à ces questions par Khaled Nezar.
Quant à sa position lors du coup d’Etat de Tahar Zebiri contre Houari Boumediène, le général à la retraite Khaled Nezar a dit que sa position était claire dès le départ, c’était de se positionner aux côtés du pouvoir dirigé par Boumediène. Nezar a dit que Zebiri s’attendait de lui à sortir les forces dirigées par un seul général à Ain Sefra, mais il a dit qu’il a agit en tant qu’ un militaire discipliné.
Le gendre de Zebiri à Mechria
Bien que Nezar a pris position contre ceux qui ont planifié le coup d’Etat en 1967, l’un de ses proches à savoir, Ousslimane Mohamed qui œuvrait pour Zebiri. Nezar a appris que Ousslimane soutenait Zebiri par le biais du général à la retraite Ahmed Djenouhat qui l’a informé qu’Ousslimane se trouvait à Alger. Ce dernier avait été pourtant envoyé par Nezar en mission à Oran. « Etonné. Après des investigations que j’ai menées moi-même, j’ai découvert que Ousslimane s’était rencontré avec Nezar à Alger mais sans que je sache ce qu’ils ont décidé », a dit Khaled Nezar.
Et d’ajouter : « Par la suite, j’ai découvert le complot après la venue du gendre de Tahar Zebiri, Hasnaoui Layachi de Mechria pour déstabiliser le général. Il s’était avéré que Nezar est difficile à renverser car il maitrise bien ses hommes.
En raison de la crise au sen des hauts commandements de l’Etat, le président Chadli, le leader de la wilaya II historique a appelé Nezar pour lui demander de décréter l’état d’urgence car il y avait des forces qui avançaient de l’Assnam et de Chrea vers Alger et Blida.
Selon le général à la retraite, le différend entre Boumediène et Zebiri est ressenti lors de la cérémonie organisée pour célébrer le 5e anniversaire de l’Indépendance à laquelle n’a pas pris part Tahar Zebiri.
Différend et démission
Khaled Nezar a dit que l’ex-président de la République Lyamine Zeroual a voulu imposer sa propre vision dans le travail. « Zeroual m’a demandé pour se voir après qu’il a fini l’élaboration de son plan de travail et m’a remis le dossier. Après l’avoir consulté, je lui ai dit : On ne s’est pas d’accord sur ce point. Par la suite, j’ai élaboré un rapport dont j’ai une copie au président Chadli et une autre à Zeroual. J’ai attendu très longtemps sans recevoir de réponse. J’ai alors pris contact avec lui (Chadli) et m’a dit qu’il a reçu Zeroual et il s’est mis à me donner des justifications. J’ai senti donc qu’il a pris position avec Zeroual sous la pression de certaines personnes qu’il refuse à divulguer leurs noms.
Pour la première fois, l’ancien ministre de la Défense a révélé avoir déposé sa démission en 1988 à cause d’un différend avec Zeroual.
« J’ai déposé ma démission auprès du ministère de la Défense, mais je n’ai pas reçu de réponse. Un jour le président du cabinet du président, Laârbi Belkheir m’a dit que le président Chadli a demandé que je lui remise mon projet sur la restructuration de l’armée. Je me suis interrogé de savoir de quel projet le président parle. Je lui ai présenté mon projet principal. Après une rencontre avec le président Chadli, ce dernier a dit : « Mes frères, nous nous sommes d’accord sur le premier projet, qu’il soit donc appliqué ».