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Leila Bouazizi: « Nous sommes menacées en permanence par les partisans de Ben Ali »

الشروق أونلاين
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Leila Bouazizi: « Nous sommes menacées en permanence par les partisans de Ben Ali »

La mère de Mohamed Bouazizi, le commerçant ambulant qui s’était immolé par le feu, lançant la chute du régime Ben Ali, a été emprisonnée à Tunis. Leila, sa fille, répond en exclusivité aux questions du Point.fr.

Alors que le président tunisien Moncef Marzouki est en visite officielle à Paris, la mère de Mohamed Bouazizi, le commerçant ambulant qui s’était immolé par le feu, lançant la chute du régime Ben Ali, elle, est emprisonnée à Tunis. Leila, sa fille, répond en exclusivité aux questions du Point.fr.

Le Point.fr: Pour quelle raison votre maman a-t-elle été arrêtée ?

Leila Bouazizi: Elle a été accusée, à tort, d’avoir agressé un juge. Elle n’est absolument pas coupable. Un homme habillé en civil l’a poussée dans un couloir du tribunal de Sidi Bouzid, où elle s’était rendue pour retirer un dossier de dédommagement en faveur des martyrs de la révolution. À aucun moment, cet homme n’a fait mention de sa qualité. Ma mère est une femme âgée, discrète, qui ne cherche aucune histoire, avec tout ce que nous avons vécu, nous avons été assez éprouvées. Malheureusement, les seuls témoins dans cette dispute sont des fonctionnaires du ministère de la Justice, il y a donc automatiquement parti pris !

Croyez-vous qu’il existe une arrière-pensée lorsqu’on s’en prend à votre mère ?

Bien entendu. Je suis scandalisée : tout cela est un jeu politique, un règlement de comptes ! La justice se venge contre l’État en s’en prenant à ma mère pour régler d’anciens comptes, car il y a de vieux contentieux entre la justice et les nouvelles institutions. Il y a deux poids, deux mesures : pourquoi, quand un Tunisien brûle les drapeaux, il n’est pas poursuivi par la justice tunisienne, et ma mère, parce qu’elle a répondu à un juge pour se défendre, elle risque un mois de prison ferme !

Comment est traitée votre famille depuis la restauration de l’État de droit en Tunisie ?

On nous traite correctement et nous avons beaucoup de soutiens en général, et particulièrement durant cette nouvelle épreuve. Malgré toute la bonne volonté politique, le gouvernement ne peut pas faire sortir ma mère de détention, car, désormais, il existe la séparation des pouvoirs.

Connaissez-vous des problèmes avec les tenants de l’ancien régime ?

Nous recevons beaucoup de menaces via Facebook ou de lettres anonymes. Beaucoup de membres du RCD, l’ancien parti unique, sont toujours actifs ici en Tunisie et nous harcèlent.

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Commentaires
1
  • nasri azedine

    Etant juge il se croit permis de bousculer une personne, mais personne n'osera le faire car appartenant à la caste des intouchables - une démocratie à sens unique -.