Les gardes communaux en grève, Ould Kablia reporte son départ en vacances
Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould Kablia a reporté son départ en vacances en rejoignant son bureau sur ordre de Bouteflika, afin d’examiner le dossier des gardes communaux, qui ont organisé,lundi, une impressionnante marche violemment réprimée par les forces de sécurité à Birkhadem.
Daho Ould Kablia a reçu dans son bureau quater représentants des agents de la garde communale en vue d’étudier leur plateforme de revendications.
Hakim Chaïb, Ali Sekouari, Lahlou Aliouet et Zidane Hasnaoui, les quatre représentants des gardes communaux reçus par la ministre de l’Intérieur, ont déclaré à Echorouk « avoir remis une requête au président de la République, incluant les revendications socioprofessionnelles des agents de ce corps ».
De son côté, Daho Ould Kablia, a ordonné la mise ne œuvre d’une commission qui aura pour mission d’étudier les revendications des contestataires, dont le départ à la retraite qui doit être laissé aux choix de ces agents, la revalorisation des pensions, la prime alimentaire à effet rétractif depuis 2008 et accorde une prime de fin de service.
Les représentants de ce corps ont très bien exposé la souffrance, la hogra, le favoritisme qu’ils subissent, quoi qu’ils accomplissent les mêmes missions que celle de agents de l’ANP (Armée nationale populaire), mais ces dernies jouissent de plus de privilèges que les premiers, d’après eux.
Pour étayer leurs dires, ils citent le simple exemple, à savoir le non accès à l’hôpital militaire de Ain Naâdja pour se faire soigner.
Ils demandent au ministre de l’Intérieur de réhabiliter également les agents de ce corps mutés vers des institutions publiques, où ils seraient devenus des éboueurs.
Comme ils réclament aussi que leurs tâches soient bien définies, mais le ministre leur répondait que ceci le dépasse et relève des compétences du chef de l’Etat.
Selon nos interlocuteurs, Ould Kablia aurait reproché aux contestataires d’avoir envahi la rue alors que les voies de dialogues étaient ouvertes, tandis qu’eux, de leur part, lui ont répondu d’avoir puisé toutes les voies et s’étaient las des va et vient vers le siège du ministère de tutelle, 16 mois durant sans que leurs revendications ne soient satisfaites.
En plus de la marche impressionnante qu’ont organisée lundi dernier, près d’une centaine gardes communaux ont décidé d’entamer une grève en guise de solidarité avec les leurs qui ont brutalement réprimés par les forces antiémeute à Birkhadem, où des blessés et des dizaines d’arrestations ont été enregistrés, tout comme ils exigent un « pardon officiel », comme condition pour regagner leurs postes.
Les gardes communaux se disent prêts à organiser un sit-in à Alger, si les autorités ne donnent pas suite à leurs revendications dans un délai de 6 jours.
Le calme se réinstalle à Boirkhadem après une journée houleuse où des affrontements ont éclaté les forces de sécurité et les agents de la garde communale, au cours desquelles, le coordonnateur, de ces derniers, Hakim Chaïb a reçu un coup à la tête.
Ce dernier a indiqué qu’une cinquantaine de blessés ont été recensés dans les rangs des gardes communaux, dont certains étaient transférés vers l’hôpital, d’autres ont reçu des soins sur place.
Toufik Chaïb réclame la libération de ses camarades arrêtés après ces événements ayant suscité plusieurs interrogations.