Français

Liste noire des médecins insoucieux de l’état de santé des patients

الشروق أونلاين
  • 2057
  • 1

Le président du réseau des associations de malades chroniques, Abdelhamid Bouallag, a révélé lors du forum Echorouk, qu’il dressera prochainement une liste noire, sur laquelle figurent les noms de chefs de services médicaux qui réorientent des patients venus se soigner dans des hôpitaux, vers des cliniques privées gérées par leurs femmes et leurs amis.

Abdelhamid Allag a affirmé que cette liste qui sera dévoilée très prochainement est le fruit d’un minutieux travail effectué des années durant sur la gestion des services médicaux au niveau des hôpitaux et des clinques privées,gérées, selon lui par les femmes des professeurs ainsi que par leurs amis. Cette liste qui contiendra les noms des chefs de services ayant des liens douteux avec des cliniques privées, selon les témoignages de certains patients, sera remise, d’après le président du réseau au président de la République, aux ministres de l’Enseignement supérieur et de la Santé afin de mettre terme aux dépassements dangereux des chefs de services médicaux.

Ces derniers auraient formé des lobbies en pillant les hôpitaux et vidant également les poches des patients qui cherchent remède à tout prix, avec l’implication des personnes influentes de l’Etat, selon l’interlocuteur.

Celui-ci a tenu à préciser que les chefs de services médicaux ne sont pas soumis à des mesures de mutation et de retraite, c’est pourquoi, selon Abdelhamid Bouallag, il est nécessaire de revoir les lois régissant la gestion des services médicaux, lesquels permettaient pendant les années 90 à des chefs de services à exercer un jour et demi par semaine dans des cliniques privées, alors qu’ils percevaient des salaires moyens.

Mais aujourd’hui, les chefs de services médicaux touchent plus de 300 000 DA/mois, et ils n’ont pas besoin de travailler dans des cliniques privées afin d’améliorer leurs salaires et leur cadre de vie.

Le comble d’après l’interlocuteur, c’est que ces chefs de services ne relèvent pas du ministère de la Santé, mais plutôt de celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, lequels e focalise entièrement sur les problèmes des étudiants, cédant le champ libre aux chefs de services.

Ces derniers, jouissent de l’impunité et qu’aucun ne peut les juger en cas d’absence, de dépassement exercé sur des médecins stagiaires et des patients.

Selon Abdelhamid Bouallag, l’action de contestation menée par l’ensemble du personnel médical et paramédical à l’hôpital Parnet à Alger, dénonçant la « dictature » du chef de service de maternité, de cet établissemnt montre bien la mauvaise gestion que règne dans ces hôpitaux.

Il a ajouté que le chef de service ne craint ni le directeur d’hôpital ni le ministre, car il est protégé par des personnes influentes de l’Etat.

Commission d’enquête incluant des journalistes sur la gestion des hôpitaux

Le président du réseau des associations de malades chroniques a révélé qu’une commission d’enquête, composée de journalistes de différents quotidiens, radios et télévisions, sera mise en œuvre pour se rendre dans des établissements hospitaliers en compagnie des représentants d’associations de malades chroniques pour faire le constat sur la gestion des hôpitaux ainsi que sur les dépassements que subissent les malades.

Il a en outre appelé le ministère de la Santé à adopter une loi contraignante, obligeant des directeurs des hôpitaux de recevoir les journalistes et leur fournir tous les renseignements afin de faire la lumière sur la gestion des services médicaux.

Il a ajouté que des rencontres périodiques seront tenue avec le responsable du secteur en le tenant au courant de ce qui se passe aux établissements hospitaliers ainsi que les différentes cliniques privées à travers tout le territoire du pays.

Bouallag a dit que la commission suit de près les conditions dont sont gérés les services médicaux, en enquêtant sur les raisons de la pénurie des médicaments, dont des chefs de services n’introduisent des demandes d’approvisionnement que tardivement, car ils sont plutôt préoccupés de leurs affaires personnels que de l’état maladif des patients qui se trouvent entre la vie et la mort.

S’agissant du nombre de malades chroniques en Algérie, Abdelhamid Bouallag a dit que 38% de la population algérienne souffrent de maladies chroniques, soit près de 15 millions d’Algériens qui vivent dans des conditions difficiles, dues au mauvais accueil et à la mauvaise prise en charge qu’on leur réserve dans des hôpitaux.

Permettre aux associations de demander au gouvernement via le parlement pourquoi les conditions au niveau des hôpitaux sont si détériorés, est l’une des revendications principales du réseau des associations de malades chroniques.

De son côté, Mohammed Boukhres, lors de son intervention au forum Echorouk, a appelé le ministre de la santé à exiger de l’ensemble des médecins, médecins enseignants, chefs de services, infirmière de mettre leur nom et leur fonction sur leurs blouses blanches afin de ne pas confondre entre un professeur, médecin, infirmier.

Il a révélé que des patients se trouvent dans plusieurs des cas dans une ambiguïté la plus totale et ne savent à qui s’adresser, à cet effet.

Il a également évoqué les absences répétitives des médecins enseignants qui exercent dans des universités, qui selon lui influent négativement sur les médecins résidants stagiaires, lesquels rencontrent d’énormes difficulté à faire le diagnostique d’une malade en l’absence du professeur qui les encadrent.

« La négligence dans les hôpitaux, soutenue par l’absence de contrôle et de suivi, la non coordination entre les services, les médecins d’une même unité, a rendu les hôpitaux comme étant des tombes collectives aux patients. Ceci s’est traduit d’ailleurs par le renvoi des malades pou faire des analyses en dehors de l’établissement sans autant mettre à leur disposition des ambulances », a-t-il commenté.

مقالات ذات صلة