L’ONU s’engage pour le dégel total des avoirs libyens à l’étranger
L’ONU s’est engagée jeudi à mobiliser tous ses efforts pour le dégel total des avoirs libyens à l’étranger, après sa récente décision de la radiation de la Banque centrale de Libye et de la Libyan Foreign Bank de la liste des entités visées par ses sanctions.
Intervenant devant le Conseil de sécurité pour présenter le rapport du Secrétaire général de l’ONU sur la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL), le représentant spécial de Ban Ki-moon et chef de la cette mission, Ian Martin, a indiqué que la radiation de ces deux banques libyennes de la liste des entités visées par des sanctions ’’devrait aider à dépasser la perception répandue en Libye selon laquelle l’on refuse au pays l’accès à ses avoirs’’.
Il a ainsi invité les parties concernées “à faire le nécessaire pour que le gouvernement libyen ait accès le plus rapidement possible à des fonds suffisants”. “J’espère que la crise de liquidité en Libye touchera bientôt à sa fin”, a-t-il insisté.
Dans sa réponse, Joao Maria Cabral, qui s’exprimait au nom du président du Comité 1970 chargé de sanctions contre la Libye, a fait part de l’intention de ce Comité de poursuivre ses efforts afin que tous les avoirs gelés en application des résolutions 1970 et 1973, “soient mis à la disposition du peuple libyen le plus rapidement possible”.
Ce Comité du Conseil de sécurité, crée en février 2011 en application de la résolution 1970, a été chargé de suivre l’application des mesures coercitives prévues par cette résolution contre l’ancien régime de Mouammar El Gueddafi, telles que l’embargo sur les armes, l’interdiction de voyager pour certains individus et le gel des avoirs de certains individus et entités.
Outre la radiation de la Banque centrale libyenne et de la Libyan Foreign Bank de la liste des personnes ou entités visées par le Comité, M. Cabral a précisé qu’au cours de ces trois derniers mois, le Comité avait approuvé des demandes de dérogation aux dispositions des résolutions 1970 et 2009 sur le gel des avoirs libyens.
La résolution 1970, imposant une série de sanctions contre le régime de Mouammar El Gueddafi prévoit “que les fonds nécessaires pour régler des dépenses ordinaires” ainsi que “les fonds nécessaires pour régler des dépenses extraordinaires’’ échappent au gel décidé par le Conseil.
La résolution 2009, par laquelle le Conseil avait décidé la levée d’une partie du gel des avoirs et créé la MANUL, prévoit l’accès aux fonds, notamment pour des raisons humanitaires.
La totalité des dérogations, prévues dans ces deux résolutions et approuvées par le Comité, représente la somme d’au moins 18 milliards de dollars sur les trois derniers mois, a précisé M. Cabral.
A rappeler que selon le président du Conseil national de transition (CNT), Mustapha Abdeldjalil, les actifs libyens à l’étranger sont estimés entre 140 et 160 milliards de dollars.
Par ailleurs, le chef de la MANUL a aussi présenté la situation politique et sécuritaire en Libye, quatre semaines après la formation du gouvernement de transition libyen. A ce propos, il a indiqué que les nouvelles autorités libyennes font déjà appel à la coopération pour faire face au problème de la sécurisation et de l’élimination des armes chimiques et des matériaux nucléaires, ainsi qu’à celui de la prolifération d’autres armes et munitions. “Elles continueront à avoir besoin d’une assistance pour mener à bien cette tâche, et tant la Libye que des pays voisins auront besoin d’une aide pour gérer leurs frontières, de même que les flux d’armes et les mouvements de populations”, a-t-il affirmé.