Malek Bennabi: un génie algérien face à la barbarie du monde contemporain. Partie II
L’autopsie géopolitique : sept théâtres différents, même diagnostic
Dans la Partie I, nous avons présenté Malek Bennabi — l’homme, l’œuvre, et les cinq armes conceptuelles qui constituent sa grammaire analytique : la colonisabilité, la triade civilisationnelle, le mondialisme, la lutte idéologique et le pipeline de la trahison. Nous déployons à présent ces armes contre les dossiers brûlants de notre époque. Sept théâtres. Un diagnostic. Le même texte, écrit il y a plus de soixante ans.
I. L’axe de la colonisabilité armée : Afghanistan, Irak, Liban, Yémen
Afghanistan : deux mille milliards de dollars pour rien
Bennabi l’avait énoncé dès 1960 : une puissance militaire peut remporter toutes les batailles et perdre la guerre civilisationnelle si elle ignore la dimension intérieure de la résistance. Les États-Unis ont dépensé 2 300 milliards de dollars en Afghanistan entre 2001 et 2021. Résultat : les Talibans ont récupéré le pouvoir intact à l’issue du retrait militaire le plus humiliant de l’histoire américaine. Il ne s’agit pas là d’un échec militaire au sens premier. C’est un effondrement civilisationnel — la preuve empirique que la force brute ne peut se substituer aux idées.
Le mondialisme américain en Afghanistan fut une tentative de transplanter un modèle politique exogène dans une société dont les logiques internes n’avaient jamais été comprises. C’est ce qu’écrit Robert Nicholson dans un brillant article en 2021 : « L’Occident a échoué parce qu’il était animé par un noble désir de voir les êtres humains comme des êtres égaux et interchangeables pour lesquels la foi et la culture sont des ‘accidents de naissance’ — mais ces accidents sont des vérités non négociables pour des centaines de millions de personnes qui préfèrent mourir plutôt que de les abandonner. »
Bennabi l’avait dit en d’autres termes bien plus tôt. Sa formulation de 1956 dans L’Afro-asiatisme demeure la description la plus exacte de l’aporie structurelle de toute intervention militaire exogène : « La crise dans laquelle se débat encore le monde tient au fait qu’on ne semble pas, en dehors de la voie qui conduit à une impasse, trouver d’autre voie que celle qui mène à une autre. » De Kaboul à Bagdad, de Tripoli à Sanaa, cette aporie n’a pas bougé.
La distinction fondamentale que Bennabi établit est celle entre la mondialisation comme processus économique — la circulation des biens, des capitaux et des personnes, qu’il juge potentiellement positive — et le mondialisme comme projet politique de domination normative et la réquisition du langage universel (démocratie, droits de l’homme, État de droit) au service d’intérêts impériaux particuliers. On peut exporter des institutions, mais on ne peut pas exporter des idées-forces. Voilà pourquoi aucun des pays « libérés » par la force entre 2001 et 2023 n’a produit une démocratie durable.
Bennabi avait également perçu, dès la fin des années 1950, la fragilité interne du bloc soviétique. En 1972 — à un moment où l’URSS paraissait au zénith de sa puissance militaire — il en prédit le déclin inéluctable, le comparant à l’effondrement des Qarmates qui avaient menacé l’État abbasside avant de se désintégrer. La chute du mur de Berlin (1989) et la dissolution de l’URSS (1991) lui apportèrent, dix-huit ans après sa mort, une confirmation posthume éclatante. La logique structurelle était la même : un système qui épuise ses idées-forces sans les renouveler ne s’effondre pas sous la pression externe ; il s’effondre par le vide intérieur.
En 1972, un an avant sa mort, Bennabi formulait ce qui suit:
« Nous voyons s’ouvrir à notre époque des événements considérables. Ces raisons nous poussent à assimiler ce dernier tiers du XXᵉ siècle à un fleuve proche de son embouchure dans la mer, grossi par le rassemblement de tous ses affluents descendus des hautes montagnes des fins fonds du pays. C’est comme cela qu’apparaît le dernier tiers, une période de l’histoire où convergent tous les affluents de l’histoire, avec tout ce que cela implique comme conséquences psychologiques, sociales, politiques et scientifiques, ainsi que tous les changements induits par ces dernières. »
C’est à ce fleuve que nous nous tenons aujourd’hui. L’Afghanistan en est l’un des affluents les plus tumultueux et ses eaux, comme Bennabi l’avait prévu, ne refluent pas.
Irak : la triade inversée
L’invasion de l’Irak en 2003 est, pour un lecteur de Bennabi, le cas d’école du mondialisme opérant à sa capacité destructrice maximale. Sous le double couvert des « droits de l’homme » et de la « démocratisation » — les deux universaux du mondialisme bennabien — une coalition occidentale a démantelé un État, pillé ses musées, éliminé sa classe intellectuelle, dissous son armée et ensemencé délibérément une guerre civile sectaire dont les braises brûlent encore aujourd’hui.
La destruction de Bagdad en 2003 fait écho à la destruction de Bagdad, huit siècles plus tôt, par les Mongols en 1258, que Bennabi cite comme le trauma fondateur de ce qu’il appelle le déclin post-almohade : le moment où la civilisation islamique perdit l’idée-force qui la soutenait et entra dans une condition structurelle de colonisabilité. L’histoire ne se répète pas. Elle bégaie. Et Bagdad a bégayé de nouveau.
Ce que Bennabi aurait identifié avec une précision chirurgicale , c’est que la véritable destruction de l’Irak ne résidait pas dans ses bâtiments, mais dans l’anéantissement délibéré de son capital idéologique : le ciblage systématique des universités, des hôpitaux et des institutions culturelles ; l’exil forcé de 40 % de sa classe professionnelle ; et le démantèlement de toute l’infrastructure étatique. C’est la triade inversée : plus d’homme capable d’action, plus de sol appartenant à ses habitants, et plus de temps — parce qu’une société sans institutions ne peut s’inscrire dans la durée. Il s’agit là d’un effacement délibéré des conditions de toute renaissance future.
Liban : La paralysie organisée comme mode de gouvernement
Le Liban est, pour un lecteur de Bennabi, un laboratoire accompli de ce qu’il appelle la « colonisabilité structurelle » — non parce qu’il y manque des talents ou de l’intelligence, mais parce que son architecture politique, le confessionnalisme institutionnel hérité du mandat français, a organisé la paralysie comme mode de gouvernement. L’État ne peut décider ; la société ne peut se coaliser ; et chaque crise est absorbée par le système même qui l’a produite.
Les attaques aux bipeurs et aux talkies-walkies de septembre 2024, qui tuèrent 32 personnes et en blessèrent plus de 3 250, illustrent avec une précision clinique ce que Bennabi appelait la guerre invisible : la guerre qui n’est jamais formellement déclarée mais qui déconstruit méthodiquement la capacité d’un peuple à se défendre et à se reproduire. L’infrastructure physique de tout un mouvement a été ciblée non par des bombes, mais par l’infiltration d’objets du quotidien — la guerre des idées est devenue la guerre des choses.
De 1982 à 2024, Israël a bombardé le Liban à au moins dix-huit reprises. La réponse du monde arabe, à chaque fois, prit la forme de condamnations verbales transitant par le pipeline de la trahison avant d’être absorbées dans le silence diplomatique. Entre octobre 2023 et novembre 2024 seulement, 3 445 Libanais sont morts et 400 000 ont été déplacés. Bennabi n’en aurait pas été surpris. Il aurait posé la même question qu’en 1962 : où sont les idées qui auraient dû faire du monde arabe un acteur plutôt qu’un spectateur de sa propre catastrophe ?
Il aurait cependant noté l’autre face du paradoxe bennabien : c’est précisément de ce Liban dévasté qu’a émergé, dans les dernières décennies du vingtième siècle, l’une des plus formidables idées-forces que le monde arabe ait produites depuis l’indépendance. Une société colonisable et une société de résistance ne s’excluent pas mutuellement ; elles sont les deux faces de la même équation non résolue.
Yémen : le paradoxe des humiliés qui résistent
Le Yémen est le cas le plus implacablement bennabien du début du vingt et unième siècle. Un pays de 33 millions d’habitants, l’un des plus pauvres de la région, est ravagé depuis 2015 par une guerre par procuration dans laquelle les puissances régionales et mondiales testent leurs armes sur des corps civils. Selon l’ACLED (Armed Conflict Location & Event Data), entre 150 000 et 377 000 morts sont attribuables au conflit durant la période 2015-2022, 4,5 millions de déplacés, et une infrastructure réduite à des ruines.
Et pourtant, c’est de cette même population dévastée que les Houthis ont lancé, entre octobre 2023 et avril 2024, plus de 160 drones et missiles vers Israël et vers les navires de guerre de la marine la plus puissante du monde. Ce n’est pas un paradoxe militaire. C’est un paradoxe bennabien : là où il y a une idée-force — aussi contestée, aussi instrumentalisée soit-elle — un peuple sans armée peut résister à une marine de guerre.
Bennabi avait conceptualisé cela comme la réification de l’homme : le système colonial transforme les populations en objets de politique étrangère, en corps comptabilisés dans des statistiques, en dommages collatéraux. La résistance des réifiés est toujours sous-estimée par ceux qui produisent les statistiques. Le Yémen a démontré qu’un peuple colonisable au sens matériel — sans économie, sans État moderne, sans armement sophistiqué — peut générer une résistance non colonisable s’il est porteur d’une conviction.
La question que Bennabi poserait au Yémen aujourd’hui serait la même qu’il posait à l’Algérie en 1962 : cette résistance restera-t-elle purement réactive, s’épuisant dans la survie, ou produira-t-elle, dans le creuset de l’épreuve, les idées d’une renaissance ? La distinction entre survivre et civiliser est tout le programme de Bennabi.
II. L’Iran : la civilisation millénaire contre l’ordre hégémonique
L’Iran est, dans la topographie civilisationnelle de Bennabi, un cas d’une complexité remarquable. C’est une civilisation de plus de cinq mille ans, porteuse d’une ʿaṣabiyya – au sens khaldunien que Bennabi fait sien – d’une robustesse exceptionnelle : une capacité de cohésion collective sous pression qui a survécu à la conquête arabe, à l’invasion mongole, à la pression ottomane et à des décennies de sanctions occidentales sans se dissoudre.
La révolution de 1979 fut, quoi que l’on pense de son contenu politique, l’une des rares révolutions du vingtième siècle portée par une idée-force indigène : non importée de Moscou, non empruntée à Washington, non copiée d’un modèle étranger — mais construite à partir des ressources intellectuelles et spirituelles propres à sa civilisation. Telle est, dans la grammaire bennabienne, la définition de la résistance civilisationnelle par opposition à une simple réaction défensive. Les réactions défensives s’épuisent ; les résistances civilisationnelles transforment l’épreuve en capital.
Ce que le mondialisme américain ne peut tolérer en Iran , ce n’est pas le programme nucléaire en tant que tel — Israël possède des armes nucléaires depuis six décennies sans pression équivalente — mais l’autonomie idéologique que ce programme symbolise. Un État qui refuse les schémas imposés, construit sa propre doctrine de défense et décline l’intégration au système normatif occidental représente un défi existentiel à l’ordre hégémonique, indépendamment de ses politiques intérieures. Il démontre que l’ordre n’est pas universel. Il est particulier.
La guerre de 2026 contre l’Iran — quel qu’en soit le résultat militaire — confirme l’analyse bennabienne : le mondialisme ne négocie pas avec les civilisations qui possèdent une idée d’elles-mêmes ; il les attaque. Les civilisations qui survivent à l’attaque le font par la force de leurs ressources intérieures — spirituelles, culturelles, intellectuelles et scientifiques — avant de le faire par leurs missiles.
La question que Bennabi poserait à l’Iran aujourd’hui est celle qu’il posait à l’Algérie après l’indépendance : cette résistance est-elle colonisable ou civilisationnelle ? Une résistance colonisable mobilise des forces purement défensives et s’épuise dans la survie sans produire les idées d’une renaissance. Une résistance civilisationnelle forge, dans l’épreuve, les conditions de son propre renouvellement en activant ses forces productives — intellectuelles, morales, scientifiques et éducatives. Seule la seconde perdure au-delà de la génération qui la porta.
La réponse de l’Iran à cette question demeure ouverte. Mais sa capacité même à survivre à une guerre qu’aucun État arabe n’a osé affronter directement suggère que la ʿaṣabiyya est là. Saura-t-elle se transformer en programme civilisationnel — en science, en institutions, en idées exportables au-delà des frontières de l’idéologie ? Telle est la question du siècle.
III. Le Golfe : la colonisabilité de luxe
Bennabi avait formulé la pathologie de la société rentière avec une clarté troublante, des décennies avant que les monarchies pétrolières n’aient pris leur forme actuelle. Dans la triade civilisationnelle de Bennabi, les États du Golfe incarnent le déséquilibre maximal : une pléthore de choses (ressources pétrolières, capital souverain, infrastructures pharaoniques) ; une abondance de personnes (démographie et importation systématique de talents étrangers) ; et une pauvreté d’idées — l’absence structurelle de pensée critique, de presse indépendante, d’université autonome et de production culturelle endogène.
Il ne s’agit pas là d’un jugement moral. C’est un constat clinique. Le Golfe est la démonstration vivante que la richesse sans les idées ne produit pas de civilisation ; elle produit des Dubaïs — des performances architecturales érigées par des travailleurs migrants dans des conditions documentées par toutes les organisations de défense des droits humains dans le monde, des cathédrales commerciales géantes dans des déserts intellectuels, et des royaumes climatisés qui achètent les arts, les sciences, les sports et les cerveaux du monde précisément parce qu’ils ne peuvent pas en générer en nombre suffisant de l’intérieur. Bennabi appellerait cela la colonisabilité de luxe : la dépendance culturelle et intellectuelle revêtue des habits de la souveraineté matérielle.
Lorsque l’intérêt dynastique entre en jeu, le pipeline de la trahison fonctionne à plein régime : les Accords d’Abraham , la normalisation soutenue avec un État qui bombarde Gaza, et les 400 milliards de dollars en armements américains achetés en une décennie. Le sol arabe est là, l’homme arabe est là, le temps est là. Mais l’idée-force qui transformerait cette accumulation brute en civilisation est absente. Et en l’absence de cette idée, d’autres se chargeront de la fournir — comme ils l’ont toujours fait, à chaque cycle de l’histoire civilisationnelle selon Bennabi.
L’analyse de Bennabi rejoint ici celle d’Ibn Khaldoun : la ʿaṣabiyya des États du Golfe a été dissoute par la prospérité. La solidarité bédouine qui avait bâti les royaumes arabes a été remplacée par un confort dépendant qui sous-traite chaque fonction essentielle — défense, construction, finance, médecine, éducation — à des opérateurs étrangers. C’est le cycle khaldounien sous sa forme moderne : le luxe qui dissout la cohésion qui avait rendu la conquête possible.
IV. L’Occident et l’hégémon déclinant : l’autopsie prématurée de Bennabi
Bennabi n’est pas anti-occidental. La distinction n’est pas sémantique : elle est constitutive de tout son projet. Il est anti-mondialiste ; il est contre le particulier déguisé en universel. Il admire Descartes ; il reconnaît la dette de la civilisation islamique médiévale envers la science et la rationalité occidentales ; il prône, dès les années 1930, un dialogue islamo-chrétien dans la tradition du grand homme d’État qu’était l’émir Abdelkader, qui mena la résistance contre l’invasion française de l’Algérie (1832-1847). Sa formation intellectuelle est européenne autant qu’arabo-islamique. Il est, en cela, l’antithèse du repli identitaire.
Mais il perçoit dans l’Occident, après les deux guerres mondiales, une civilisation qui a épuisé ses motivations spirituelles sans en avoir produit de nouvelles. L’existentialisme sartrien qu’il commente avec précision n’est pas une philosophie de la Renaissance ; c’est une philosophie de l’après-catastrophe, de l’après-Auschwitz, de l’après-Hiroshima, de l’effondrement de l’idée de progrès. Une civilisation qui ne peut plus se projeter dans l’avenir avec un sens de la finalité a, dans le vocabulaire clinique de Bennabi, entamé une crise de motivation.
C’est ce que Fukuyama a diagnostiqué à sa façon – sans avoir lu Bennabi – lorsqu’il concéda en 2022 que la démocratie libérale n’était pas triomphante de manière évidente. C’est aussi ce que révèle structurellement le trumpisme : non pas un nouvel empire en marche, mais une hégémonie qui se défend en détruisant les règles multilatérales qu’elle avait elle-même établies. Le signe du désespoir d’un ordre qui n’a plus la confiance de se maintenir par la persuasion.
La multiplication des guerres par procuration, simultanément insolubles ; l’incapacité à clore aucun des conflits allumés en vingt-cinq ans — Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, Yémen, Ukraine, Gaza et Iran ; le processus de dédollarisation , l’expansion des BRICS et la fracturation de l’ « ordre fondé sur des règles » : tout cela confirme ce que Bennabi écrivait en 1956 dans L’Afro-asiatisme sur l’inévitabilité du recul hégémonique occidental et l’émergence d’un monde multipolaire.
Sa formule de 1956 sur la relation islamo-occidentale conserve toute sa force :
« L’islam empruntera la technique à l’Occident une fois qu’il aura accompli sa révolution culturelle. Mais l’islam – en vertu d’une complémentarité nécessaire – fera découvrir à l’Occident la dimension spirituelle des problèmes de l’homme. Il lui fera comprendre que pour un problème spirituel, une solution exclusivement socio-économique est inefficace. »
Il ne s’agit pas là d’une prophétie de victoire. C’est un programme de réciprocité. L’Occident de Bennabi n’est pas un ennemi à vaincre, mais un partenaire à ramener à la raison – comme l’islam, en retour, doit se ramener à la sienne propre. Deux civilisations en crise de motivation ; un diagnostic ; une prescription : la récupération des idées-forces qui transcendent la gestion des choses.
À cet égard, Bennabi écrit : « La nouvelle civilisation ne doit être ni celle d’un continent orgueilleux ni celle d’un peuple égoïste, mais d’une humanité mettant en commun toutes ses potentialités. » Tout en reconnaissant le pouvoir transformateur du fait européen dans le monde, il exhortait l’Europe (l’Occident dans le jargon d’aujourd’hui) à s’intégrer dans la conscience globale que sa civilisation avait créée. Dans cette perspective, il voyait la tâche de l’« afro-asiatisme » (le Sud global) comme consistant à « aider l’homme occidental à atteindre cette dimension à laquelle sa conscience n’est pas encore parvenue. » Bennabi exprimait ensuite sa conviction que l’histoire continuera à se faire avec l’Europe : « Pour le bien comme pour le mal, son choix a encore une importance mondiale (…) Il ne faut pas laisser l’Europe se replier sur son axe, se retirant du monde pour bouder l’humanité qu’elle ne peut plus dominer. Il faut lui montrer que sa sécurité ne dépend pas de la puissance mais du développement de sa conscience dans la dimension des autres et de son génie en harmonie avec les tendances actuelles et un intérêt humain supérieur. »
— LA SUITE EN PARTIE III —
Pour Bennabi, les sept théâtres examinés dans ce volet — Afghanistan, Irak, Liban, Yémen, Iran, Golfe et Occident — étaient, chacun, des dossiers à charge dans un réquisitoire plus vaste. Mais il y avait un dossier qu’il traitait différemment. Il y revenait obsessionnellement sur cinq décennies. Il l’appelait la question la plus décisive de l’histoire moderne de l’islam et, par extension, de l’histoire du monde moderne. Ce sera l’objet de la Partie III : « La Palestine : la blessure originelle et la prophétie accomplie. »
Les auteurs
Amir Nour est chercheur algérien en relations internationales et auteur de plusieurs ouvrages, dont « The Monstrosity of Our Century : The War On Palestine and the Last Man », Clarity Press, Atlanta, États-Unis, 2026 (https://www.claritypress.com/product/the-monstrosity-of-our-century-the-war-on-palestine-and-the-last-western-man/).
Laala Bechetoula est journaliste et analyste géopolitique algérien indépendant, publiant régulièrement sur les guerres contemporaines et la géopolitique du monde islamique dans Countercurrents, Global Research, Mondialisation.ca, Réseau International, Le Quotidien d’Oran et Sri Lanka Guardian.