Marche à Ouargla: « Nous ne sommes pas d’incitateurs à la fitna…nous voulons vivre dans la dignité »
Une grande foule a tenu jeudi à être au rendez-vous dans la wilaya de Ouargla. Des milliers de personnes ont répondu favorablement à la marche à laquelle a appelée le Comité national pour la défense des droits des chômeurs (Cnddc) et battre le pavé au sud algérien.
« Nous ne sommes pas des esclaves des compagnies pétrolières », « Non à la hogra…non à la fitna », « L’Algérie pour tous », « Nous voulons notre part dans les richesses du pays et en pétrole », « Non à l’exclusion et à la marginalisation d’un demi-siècle », tels sont les slogans scandés par la foule nombreuse qui s’est rendue à Ouargla, jeudi, pour une marche dite « millionnaire ».
Les organisateurs de cette action de contestation, qui a été parfaitement maîtrisée, dont aucun incident ni dépassement est à déploré, ont voulu que cette action soit une occasion pour réunir les rangs de la population du nord et celle du sud et réfuter toute revendication à la séparation de la région du sud de celle du nord.
D’ailleurs, tout a commencé par l’hymne national, les chants patriotiques et le hissement du drapeau national.
Sont montés sur la scène les organisateurs de cette manifestation, à leur tête l’initiateur, à savoir Tahar Belabès, les chômeurs et les sympathisants de ce mouvement.
En apercevant des députés de la wilaya de Ouargla au milieu de la foule, ces derniers ont manifesté fermement leur refus à ce que ces députés prennent part à cette action de contestation en les qualifiant d’ailleurs des « cartes du pouvoir » lesquels d’après eux, ont craint de dire la vérité pour laquelle tout le monde est mobilisé pour un seul homme pour la revendiquer aujourd’hui (jeudi ndlr).
Parlementaires et sénateurs étaient présents
Outre les jeunes désœuvrés, des parlementaires du Front des forces socialistes (FFS), dont Abbès Abdelhamid, Chafaâ Bouaiche, le sénateur Meziani, le responsable du parti à Ghardaia, Hamou Mesbah ainsi que des activistes et des présidents des associations et des humanitaires des wilayas de Sidi Belabbès, El Oued, Illizi, Ghardaia, Adrar et autres sympathisants avec les jeunes de ladite wilaya ont tenu à venir prendre part à cette marche.
De plus, même le numéro 2 du Front islamique de salut (FIS) dissous, Ali Benhadj est venu par route en compagnie de ses deux fils et ses compagnons pour manifester sa solidarité avec les jeunes du Sud. Mais les forces de l’ordre l’ont empêché de rejoindre les jeunes qui ont tenu un sit-in devant la mairie de Ouargla, de crainte qu’il aurait des dépassements.
Des youyous au rendez-vous
Vers 8 h 30, quelque 500 jeunes se sont rassemblés devant la mairie de Ouargla. A cette heure là, tout semble être maitrisable pour les services de l’ordre mobilisés tôt dans la matinée. A 10 h, la placette a été pleine à craquer par la foule nombreuse. Des jeunes ont scandé des murs des bâtisses et ceux du siège de la mairie. Les fonctionnaires de cette dernière ont jugé utile de rejoindre les contestataires. Même les femmes ont également soutenu les contestataires en lançant des youyous. D’autres ont scandé des slogans réclamant la restitution de leurs droits confisqués depuis 1962 jusqu’à présent ainsi que des slogans dénonçant « le pillage » et « l’injustice ».
Les contestataires n’ont pas épargné ceux qui les ont qualifiés de « voleurs » à Sonatrach et la hogra, dont fait l’objet les jeunes de la région et leurs clubs sportifs de la part de cette dernière qu’ils ont qualifiée de tous les mots.
Nous nous opposons aux sociétés pétrolières qui se moquent des enfants du sud
Tout le monde s’accorde à dénoncer la marginalisation dont fait l’objet les jeunes de la région de la part des compagnies pétrolières activant au sud algérien. Ils ont qualifié de « complice » le mutisme des autorités du pays face aux pillages des richesses du pays sans que la population du sud ne bénéficie d’importants projets.
La nouvelle ville de Hassi Messaoud, selon eux, n’a toujours pas vu le jour depuis déjà une décennie de lancement de ce projet à cause de la mauvaise gestion, les scandales interminables de Sonatrach, dont la population locale n’a rien bénéficié depuis la nationalisation des hydrocarbures, et son silence assourdissant face aux dépassements et aux violations de la de la République par ses partenaires étrangers et celui de la centrale syndicale qu’ils qualifient de « traitre ».
Les contestataires décidés désormais de faire de la contestation de rue l’une de leurs armes pour se faire entendre, et que d’autres voies ne servent plus à rien tout en reprochant au gouvernement Ouyahia d’avoir laissé aller les choses tout en permettant aux enfants de hauts responsables de dilapider ,sans impunité aucune, l’argent et les deniers publics et leur abus de pouvoir qu’ils exercent sur les jeunes de la région, dont des détenteurs des diplômes supérieurs.
L’instruction de Sellal est inutile
Certains manifestants ont affirmé l’inutilité de l’instruction du Premier ministre, Abdelmalek Sellal si elle ne sera pas suivie du « concret », soit l’embauche de tous les chômeurs au nombre de 10 000. D’autres ont dit être trop fatigués de ces instructions et des décisions. Si la dernière décision « verbale » du président de la République ordonnant la priorité des jeunes de la région à l’emploi n’est ni appliquée ni respectée et alors comment que les décisions de Sellal soient exécutées?, sont-ils interrogés.
D’autres ont qualifié ces mesures gouvernement de « scénarios » et dit n’avoir plus confiance en l’Etat en exprimant leur désarroi et leur désespoir quant aux promesses faites il y a dix ans, qui tardent à se concrétiser sur le terrain. Le dossier d’emploi nécessite-t-il tout ce temps n’était l’obstination à dire la vérité, selon eux.
« Nous ne sommes pas d’incitateurs à la fitna », « Nous réclamons nos droits confisqués et ceux des futures générations pour vivre dans la dignité », « Nous luttons contre la violence sous toutes ses formes », « L’Etat nous marginalisé depuis de longues années », tels sont les propos tenus par le membre du bureau national du Cnddc, Tahar Belabès. Nous ne devons nous taire face à l’injustice, et les jeunes de Ouargla sont conscient et comment s’organiser. C’est ce qu’a évoqué de son côté, celui qui a dénoncé l’exportation sans facturation du gaz en Tunisie, Rachid Aouine qui a dit: « Nous ne sommes ni régionalistes ni racistes. Mais nous n’accepterons jamais « la hogra et les arrestations » de la part des services de sécurité, les harcèlement et la confiscation de nos libertés ».
D’autre part, certains intellectuels ont annoncé à Echorouk les erreurs commises par le pouvoir au Sud, à savoir la nomination du wali d’Illizi issu de la même wilaya, ainsi que le wali d’El Oued qui est issu également de la même région qui était un ex-conseiller du Premier ministre tout en marginalisant plutôt les trois walis issus de la wilaya de Ouargla et les maintenant en dehors de leur wilaya, sans que cette dernière ne bénéficie de leurs services. C’est qui a été considéré comme étant une vision non équilibrée pour la région du sud.
Force est de souligner que les jeunes de Tamanrasset, de Timimoun et d’Illizi ont tenu hier (jeudi) un sit-in de solidarité avec les jeunes de Ouargla qui ont battu le pavé.
Cette action est un grand succès
Amar Kouitene, l’un des organisateurs de cette marche a souligné le succès de cette action de contestation par laquelle ils ont pu transmettre leur message à Bouteflika et à Sellal. L’interlocuteur a affirmé qu’il faudrait à Sellal de s’excuser auprès des jeunes chômeurs. « Nous ne sommes engagés à réussir cet événement. Dieu merci, nous avons réussi à le faire sans aucun incident à déplorer malgré la tentative de certains de l’avorter », a-t-il confié.