Marine Vlahovic, journaliste solidaire de ses confrères gazaouis, retrouvée morte à Marseille
Poussée à quitter Ramallah où elle était lassée d’être surveillée par les autorités israéliennes, alors correspondante de 2016 à 2019, Marine Vlahovic, journaliste spécialiste du Proche-Orient, a été retrouvée morte lundi dernier dans son appartement à Marseille.
La journaliste avait passé trois années à traiter l’actualité à Ramallah. Depuis quatre ans, elle avait quitté la Palestine pour s’installer à Marseille. Elle prenait le temps d’écrire, réalisait quelques documentaires au Caire ou au Liban, enregistrait des podcasts récompensés qui ont été primés ou préparait des colis humanitaires pour Gaza.
« Aucun élément n’indique la piste criminelle »
Lundi matin, ses amis, inquiets d’être sans nouvelle d’elle, se sont rendus dans son appartement et ont découvert le corps de la journaliste. La mort de la jeune femme pourrait être survenue plusieurs jours avant sa découverte. Une enquête a été ouverte et une autopsie demandée. Mais pour l’heure, a confié une source policière à nos confrères, « aucun élément n’indique la piste criminelle ».
Dégoûtée par le traitement médiatique de la guerre à Gaza par les médias français
Après 15 ans de métier, dégoûtée par le traitement médiatique de la guerre à Gaza par les médias français, elle n’avait pas demandé le renouvellement de sa carte de presse, note Télérama.
Ce qui est dit aussi, c’est que depuis son retour en France, la journaliste continuait de subir des pressions d’organisations militantes.
De son expérience, elle a tiré ses formidables Carnets de correspondante diffusés sur Arte Radio — une chronique drôle, sensible et critique de la beauté et des limites de la grande fabrique de l’information. Ces Carnets lui ont d’ailleurs valu d’être lauréate du Prix Scam du podcast documentaire en 2021.
Lassée d’être surveillée par les autorités israéliennes
Pendant trois ans, Marine Vlahovic avait couvert l’actualité du Proche-Orient, éclairant à travers ses reportages les réalités complexes d’une région sous tension. Outre RFI, elle travaillait pour Radio France, Le Soir, la radiotélévision suisse RTS, National Geographic et Libération. Lassée d’être surveillée par les autorités israéliennes et par l’extrême précarité de ses conditions de travail, elle avait finalement choisi de délaisser l’actualité pour le documentaire et de poser ses valises à Marseille.
Marine était ensuite revenue en France où elle s’était installée à Marseille, aimantée comme toujours par la Méditerranée. Après le 7 octobre 2023 où Israël a entamé la guerre toujours en cours contre Gaza, elle avait tenté de s’y rendre, en vain. Elle était restée bloquée au Caire.
Elle n’avait pas cessé, ces derniers mois, de relayer les voix de ses confrères journalistes gazaouis, tout en essayant de leur envoyer des colis de produits de première nécessité.
Echoroukonline / Agences