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Ministre marocain: « Si c’était la drogue qui était à l’origine de la fermeture des frontières, celles-ci ne s’ouvriraient jamais »

الشروق أونلاين
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Si la drogue est à l’origine de la fermeture des frontières terrestres entre l’Algérie et le Maroc, ces dernières les frontières ne s’ouvriraient plus jamais…nous n’adoptons pas de double discours politique en ce qui concerne nos relations avec l’Algérie. Notre volonté de consolider nos liens est honnête… il y a une divergence de vues au sujet du Sahara occidental, mais nous espérons trouver une solution à ces deux questions, étant donné l’ONU joue convenablement son rôle.

 

Telles sont les réponses données par le ministre marocain de l’Intérieur, Mohamed Laenser en marge d’un point de presse tenu à l’occasion de la 15e Conférence des ministres de l’Intérieur de la Méditerranée occidentale (CIMO) qu’a abritée Alger.  

Le ministre marocain a tenté de trouver de justificatifs au double discours politique de hauts responsables marocains en disant: « Nous n’adoptons pas de double discours politique dans nos relations avec l’Algérie. Nos intentions portant la promotion de nos relations de coopération avec Alger sont sincères », a-t-il indiqué.

En s’esquivant d’assumer la responsabilité des déclarations de ses confrères au gouvernement marocain contre les autorités algériennes, M Mohamed Laenser a estimé qu’il s’agissait de campagnes médiatiques comme d’un côté comme d’un autre tout en s’étonnant de l’utilisation du terme « occupant » en parlant du Maroc dans son conflit avec le Sahara occidental.

Quant à l’acheminement de la drogue via les frontières algériennes et libyenne en provenance du Maroc, le ministre de l’Intérieur du Royaume chérifien a indiqué que son pays s’est engagé dans la lutte contre la drogue depuis longtemps.

Pour étayer ses dires, il s’est référé à la réduction de 70%  des terrains destinés à la production de la drogue et a souligné que la coordination en matière de sécurité à ce sujet est en cours.

Cependant, il a indiqué ouvertement que «  si c’était la drogue qui était à l’origine de la fermeture des frontières entre Alger et Rabat, celles-ci ne s’ouvriraient plus jamais » tout en estimant que cette question ne se résume pas sur la drogue.

Le ministre de l’Intérieur marocain a reconnu que les relations entre les deux pays avaient connu quelques difficultés et qu’il existe réellement une divergence de vues dans certaines questions avant de souligner que les Nations unies jouent leur rôle à ce sujet.

S’agissant des pratiques inhumaines des forces de sécurité marocaines à l’égard de la population sahraouie à Laâyoune, Mohamed Laenser a répondu que Rabat traite le peuple sahraoui de la même manière qu’il traite son propre peuple dans les différentes villes du Maroc.

De son côté, la ministre italienne de l’Intérieur, Anna Maria Cancellieri a souligné que les migrants clandestins algériens en Italie ne représentent qu’une petite minorité et que les autorités de son pays n’expulsent qu’une toute petite minorité d’entre eux.

Toutefois, elle s’est plaint du flux de migrants tunisiens et libyens estimé à 60 000 personnes dû essentiellement au printemps arabe qui a secoué ces deux pays tout en affirmant que les droits des immigrés en situation légale sont protégés par les lois italiennes.

Le ministre tunisien de l’Intérieur, Lotfi Ben Djeddou a pou sa part reconnu que la question de départ de Tunisiens en Syrie constitue une problématique en expliquant que ces derniers n’avaient pas manifesté leur intention pour le djihad.

Quant au nombre de Tunisiens qui étaient partis en Syrie, le ministre tunisien a dit que c’est exagéré dans ce chiffre et qu’ « ils ne sont pas des milliers, mais plutôt des centaines ».

Le ministre algérien de l’Intérieur, Daho Ould Kablia a dit lors de son allocution qu’il existe une matrice idéologique qui est à l’origine du terrorisme et que l’extrémisme fondé sur une idéologie alimente la violence, bien que l’expérience de l’Algérie en matière de lutte contre le terrorisme a montré l’existence de prédicateurs fanatiques qui n’appartiennent pas à une idéologie bien précise ».

Ould Kablia a également défendu les autorités libyennes au sujet des armes tombées entre les mains de groupes terroristes en expliquant que cela était dû à la situation d’instabilité qui régnait dans ce pays et aux groupes d’individus spécialisés dans le trafic d’armes.

Il convient de souligner que le ministre de l’Intérieur français, Manuel Valls n’était pas présent à la conférence mais il s’est fait présenté par l’ambassadeur de son pays en Algérie, André Parant.

 

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