Rahabi: «Les crises du FLN et du RND sont dues à l’absence d’une vision claire des prochaines présidentielles»
L’ex-ministre de la Communication et de la Culture, Abdelaziz Rahabi a fait un lien direct entre les problèmes structurels auxquels sont confrontés les deux partis au pouvoir, le FLN et le RND des prochaines élections présidentielles.
«A l’approche de chaque grand rendez-vous électoral, les partis au pouvoir se trouvent confrontés à des crises structurelles. Peut être que tout le monde se souvient de la crise qu’a traversée le FLN en 2004 », a dit Abdelaziz Rahabi. Ce dernier a commenté la disparition de la scène politique d’éminentes personnalités, à l’image de Ahmed Ouyahia, Abdelaziz Belkhadem et prochainement Bouguerra Soltani en attendant d’autres. «Peut-être que leur maintien à leurs postes respectifs n’arrange pas ce qui se prépare », a-t-il estimé. C’est pour la première fois d’ailleurs, que deux partis du poids du FLN et du RND, traversent une telle crise, comme il est loin pour les les deux partis de se remettre sur les rails après l’échange d’accusations et des déclarations au sein même des deux formations politiques. «Ce qui se passe au sein des deux grands partis du pays, n’est motivé que par la course à un meilleur positionnement en prévision des prochaines échéances électorales », a-t-il estime.« Les aspirations personnelles sont en effet à l’origine de ces crises, et non pas le dialogue autour d’importantes questions de la nation. Comme celles qui ont trait à la relance des secteurs qui peinent à se relever à l’instar de l’Education, de l’Agriculture et résoudre les problèmes des citoyens en suspens », a-t-il regretté. Et d’ajouter: « L’Etat semble être dépassé par les événements. Je crois que s’il y avait eu une vision claire chez les décideurs au sujet des prochaines élections présidentielles, on n’aurait pas été à ce stade d’effervescence politique… La révision de la Constitution qui est l’une des importantes réformes décidées, tarde à voir le jour. Je ne pense pas que la période qui nous sépare des présidentielles suffira au président de la République de tenir à sa promesse faite le mois d’avril 2011», a-t-il estimé.Selon l’analyse de notre interlocuteur, ce qui se passe au FLN et au RND aurait induit à la « paralysie de nombreuses institutions de l’Etat et influé notablement sur leur rendement », à l’image de celles auxquelles a été confiée la mission de lutter contre la corruption, la Cour des comptes, le Conseil national de l’énergie. Quant à la situation actuelle du pays, Rahabi a fait porté la responsabilité à la classe politique qui manque, à ses yeux, d’audace « Nous sommes devant une crise de discours politique, et je suis persuadé que n’était la presse, les Algériens n’entendraient pas parler de la crise de Sonatrach», nous a-t-il confié en ajoutant que «Tout le monde y compris les politiques se nourrissent des questions évoquées par la presse armée d’audace. L’absence d’une classe politique capable de soulever les questions cruciales du pays, induirait à l’affaiblissement de l’Etat qui fait face à défis intérieurs et extérieurs qui menacent sa stabilité et son intégrité territoriale».