Sud algérien:des compagnies pétrolières louent des chiens de garde à 735 millions !
En plus de nombreux scandales de corruption à Sonatrach largement relayés par la presse nationale et internationale, les jeunes chômeurs du sud investissent la rue en guise de contestation contre le « favoritisme » et la « ségrégation » dans l’emploi.
Des entreprises de sous-traitance bafouent la réglementation
Les chômeurs au sud algérien définissent les entreprises de sous-traitance, dont les activités ont été gelées par le gouvernement en mars 2004, d’ « agences d’esclavage » gérées par des hommes d’affaire, des retraités et autres ex-responsables ayant confié la mission à d’autres personnes, notamment à Hassi Messaoud. Malgré la décision du gel de leurs activités, elles continuent à violer les lois, où rien que pour l’année dernières,400 contraventions ont été commises, contre 100 pour les sociétés étrangères, selon les chiffres communiqués par les services d’Inspection de travail de Ouargla.
Des contraventions qui leur auraient coûtées des amendes de l’ordre de 30 000 dinars chacune. D’après des chiffres officiels, des sociétés activant au sud algérien s’étaient vues infliger d’amendes estimées à plus de 12 milliards de centimes pour avoir recruté l’année écoulée 4 mille fonctionnaires de manière opaque, après un contrôle effectué par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale.
Ces compagnies qui se chargeaient de recruter pour le compte des sociétés implantées à Hassi Messaoud, ne prenaient pas au sérieux les risques encourus par les travailleurs qui exercent pendant plus de 12 heures par jour, sans daigner à les déclarer à la sécurité sociale. De plus, elles procédaient à des retraits sur salaires des ouvriers tout en les privant de congé maladie et les licenciant abusivement et en leur refusant de créer des syndicats.
Employés dans différents services au sein des compagnies pétrolières, les ouvriers qui devraient percevoir un salaire de 70 000 da comme prévu initialement, n’avaient droit qu’à 30 000 dinars, tandis que les 40 000 dinars restants seront automatiquement injectés dans le compte des sous-traitants. En plus d’évasion fiscale et la non déclaration du nombre exact de leurs personnels, ces derniers continuent à exploiter des milliers de fonctionnaires en les privant de leurs droits légitimes.
Des chiens de garde pour 735 millions
Plusieurs compagnies pétrolières étrangères au sud algérien ont procédé à la location de chiens de garde pour sécuriser leurs équipements et matériels d’exploration et de production de l’or noir. 600 chiens de garde de différentes races, dont des pitbulls, des bergers allemands bien dressés auraient été loués.
Au moment où des dizaines voire des centaines de diplômés sont en quête d’emploi, des sociétés étrangères exerçant dans les champs pétroliers algériens louent plutôt des chiens de garde à des dizaines de millions de centimes par mois.
Selon certains chiffres, un chien de garde pourrait coûter à ces compagnies 4 000 da/ jour soit 12 millions de centimes par mois. Ce qui signifie que ces sociétés déboursent mensuellement 735 millions de centimes sur les 600 animaux qu’elles louent.
Les chômeurs de Ouargla réclament leur part du pétrole
Les jeunes chômeurs de Ouargla ont rejeté en bloc l’information selon laquelle ils auraient réclamé la séparation du sud eu nord, tout en réitérant en revanche le principe de l’intégrité territoriale.
Ces jeunes, pour rappel, ont organisé une marche à l’occasion de la célébration de l’anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures qui correspond au 24 février de chaque année, pour faire entendre leurs voix en réclamant d’emploi au niveau des compagnies qui, selon eux, recrutent des fonctionnaires en dehors de leur wilaya.
Selon eux, en dépit d’innombrables correspondances adressées aux autorités compétentes afin d’intervenir en vue de mettre fin à ce qu’ils qualifient de « favoritisme », mais aucune suite n’a été donnée à leurs doléances qui s’accumulent de jour en jour.
Face à la sourde oreille des autorités, les jeunes chômeurs ne savent à quel saint se vouer et ne trouvent comme alternative, que la rue à investir.
80% des travailleurs au sud algérien sont ceux du nord
Selon de données officielles à Sonatrach, 80% des fonctionnaires de cette compagnie sont du nord, tandis que les 20% restants sont du sud. Comme à l’accoutumée, Sonatrach et ses filiales livrent des prétextes selon lesquels les jeunes de ladite région ne sont pas qualifiés pour exercer dans la compagnie. En revanche, un haut cadre de la compagnie réagit en se demandant pourquoi l’institut du pétrole « Naftogaz » situé à Hassi Messaoud, qui assure des sessions de formation en matière du pétrole, avait été fermé.