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Sud-Soudan : un an après l’indépendance les tensions persistent toujours avec le Nord

الشروق أونلاين
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Un an, jour pour jour, après l’indépendance du Soudan du Sud de son voisin du Nord, les tensions persistent toujours le long des frontières des deux pays, notamment autour du partage de la manne pétrolière, principale pierre d’achoppement dans les discussions entre les deux voisins qui se sont brièvement fait la guerre ces derniers mois.

Les autorités sud-soudanaises comptent célébrer ce premier anniversaire par des défilés avec comme point d’orgue un discours du président Salva Kiir prévu lundi, selon des médias.

Plusieurs personnalités sont invitées a assister aux célébrations, dont le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, le président de la Commission de l’Union africaine (UA) Jean Ping et le président en exercice de l’organisation panafricaine Boni Yayi.

La Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour le Soudan du Sud, Mme Hilde Johnson, avait indiqué récemment que la première année d’indépendance de ce pays africain avait été difficile, ajoutant que cimenter les fondations d’un si jeune Etat est un défi majeur.

Mme Hilde qui dirige la Mission de l’ONU au Soudan du Sud (MINUSS), s’est voulue optimiste, en soulignant les progrès accomplis dans plusieurs domaines par ce jeune pays d’Afrique de l’Est, que ce soit la participation politique, l’adoption de lois importantes et la transparence des dépenses publiques.

Pour sa part, le secrétaire général de l’ONU avait déclaré que le gouvernement du Soudan du Sud “fait face à de multiple problèmes” sur le plan économique, sécuritaire et humanitaire, en soulignant que l’établissement de bonnes relations avec Khartoum contribuera à la stabilité de Juba.

L’indépendance du Soudan du Sud est intervenue après des décennies de guerre, faisant plus de deux millions de morts, et qui se sont achevées grâce à la signature de l’Accord de paix global (CPA) en 2005. Mais les deux pays n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord sur les mécanismes nécessaires de sécurisation de la frontière.

Les tensions ont dégénéré en combats meurtriers à la frontière entre fin mars et début mai, notamment dans la zone pétrolière disputée de Heglig, située dans une riche zone pétrolière, qui avait été prise en avril dernier par l’armée sudiste avant que celle-ci ne se retire quelques jours après.

Le Sud-Kordofan et Abyei, à la frontière entre les deux voisins sont également le théâtre des affrontements armés entre l’armée soudanaise et la l’Armée de libération du peuple soudanais (SPLA)/secteur nord, depuis juin 2011.

Pour tenter de résoudre leur conflit frontalier, les deux Etats soudanais ont engagé une série de discussions à Addis Abeba sous l’égide de l’Union africaine (UA). Ils ont réitéré samedi leur volonté de cesser les hostilités concernant leur frontière commune et le partage de la manne pétrolière.

“Nous avons accepté (…) à l’unanimité des deux parties de ne jamais utiliser la force pour régler nos différends et nous nous sommes engagés à cesser les hostilités”, a déclaré à la presse le ministre soudanais de la Défense Abdelrahim Mohamed Hussein.

Les deux parties ont également accepté de “renforcer, améliorer l’entente politique qui existait auparavant entre les deux pays”, selon le ministre soudanais.

Les deux délégations avaient repris les pourparlers jeudi dernier après un ajournement sans accord et doivent clore leurs discussions le 11 juillet à la fin des célébrations de l’indépendance de Juba.

Pays riche en ressources pétrolières, le Soudan du Sud avec ses 9.150.000 habitants, assurait environ 85 % de la production des 470.000 barils de pétrole par jour de l’ensemble du Soudan, mais les équipements, l’industrie et la logistique se concentrent essentiellement dans le nord.

Le pétrole reste le principal point de discorde pour la normalisation des relations entre le Soudan et son voisin du Sud après l’indépendance de ce dernier à l’issue d’un référendum tenu du 9 au 15 janvier de la même année et qui a été adopté à 99%.

L’indépendance ne saurait cacher le retard dont souffre ce jeune pays notamment dans le domaine du développement économique et humain avec un taux d’illettrisme record qui atteint 73%, alors que le taux de scolarisation dans le secondaire ne dépasse pas les 6%.

Autre problème auquel font face aussi bien le sud que le nord, l’insécurité notamment ces derniers mois ayant connu une recrudescence d’attaques armées et de conflits tribaux.

Le Conseil de sécurité de l’Onu avait décidé récemment de proroger de douze mois la mission des casques bleus au Soudan du Sud. Selon l’Onu, les effectifs des casques bleus se chiffraient, fin mai, à 5.780 hommes, dont 139 observateurs militaires.

Un an, jour pour jour, après la sécession du Sud du Nord Soudan, des analystes et observateurs, estiment que les relations entre Khartoum et Juba ne reprendront leur cours normal qu’après le règlement des dossiers de la sécurité et du pétrole.

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