Tahmi: « Nous agissons avec fermeté pour éradiquer la violence»
Le ministre des Sports, Dr Mohamed Tahmi revient dans cet entretien qu’il a accordé à Echorouk sur le phénomène de la violence dans les stades, une semaine après le décès de l’attaquant camerounais de la JSK, Albert Ebossé, victime d’un jet de projectile tranchant lancé depuis les tribunes du stade du 1er novembre de Tizi Ouzou. Le ministre des Sports parle également des dispositions prises par son département pour éradiquer le phénomène, en insistant sur l’application des lois et d’agir avec fermeté avec les petits groupuscules qui sèment la violence dans les stades. A la question de la candidature de l’Algérie pour abriter la CAN 2017, Dr Tahmi estime qu’il est encore prématuré d’en parler, affirmant d’évoquer cela le moment venu. Par ailleurs, il a jugé inacceptable et irresponsable le comportement de la Fédération malienne de football qui a demandé à la CAF de délocaliser leur rencontre face à l’Algérie le 10 septembre prochain à l’occasion de la 2e journée des éliminatoires de la CAN 2015.
Après une semaine du décès de l’attaquant de la JSK, Albert Ebossé, quelles mesures à prendre sur cette affaire?
Une petite réunion sera tenue ce dimanche avec le Premier ministre, Abdelmalek Sellal pour réfléchir des solutions appropriées à engager pour éradiquer la violence dans les stades, y compris dans les espaces publics et ce en présence de toutes les parties concernées. Une seconde réunion sera ensuite tenue avec la Fédération algérienne de football (FAF) ainsi que la Commission nationale de lutte contre la violence, à l’issue desquelles des solutions susceptibles de mettre fin à ce phénomène seront adoptées. Outre le football, ces mesures seront étendues à toutes les autres disciplines.
Quelles solutions avez-vous suggérées de votre part pour lutter contre ce phénomène?
Tout d’abord, il faut extirper ce phénomène à sa racine, où tout un chacun doit assumer ses responsabilités. En outre, il faut noter qu’on est face à un problème de société, d’où il fallait définir les responsabilités de tout un chaucun à commencer par les parents incapables qui semblent incapables de maîtriser leurs enfants, celle des fédérations, des ligues ou des clubs, ainsi que la justice qui est interpellée à jouer son rôle en faisant appliquer la loi à la lettre et à agir en toute vigueur pour lutter contre les petits groupuscules qui sèment la violence dans les stades. Je dois avouer ,toutefois, qu’il y avait ces derniers temps une certaine indolence dans l’application des lois, ce qui soutient la propagation de ce phénomène à grande échelle. Il existe des lois, mais malheureusement elles ne sont pas appliquées.
Certains attribuent la non-application des lois en premier lieu à l’absence de lois applicables. Qu’en dites-vous?
J’affirme qu’il n’y ait pas de lacunes dans la nouvelle loi relative à l’organisation et au développement de la formation et des activités physiques et sportives. Certaines lois sont bien claires au sujet de certaines infractions. Par exemple, lorsqu’on arrête un spectateur muni d’un « fumigène », on se contente de le lui retirer sans autant le déférer en justice, sachant que cet acte est passible d’une année de prison et d’autant plus que les fumigènes ont fait de nombreuses victimes dans les stades des 48 wilayas du pays.
Au sujet des « fumigènes », le président du Comité olympique algérien (COA), Mustapha Berraf a évoqué la question de leur introduction en Algérie, pourtant interdite, avant de parvenir jusquau’aux simples supporters à juger en cas de possession. Que dites-vous sur ce sujet?
Je suis tout à fait d’accord avec lui sur ce sujet, mais cela ne signifie point que le supporter est totalement innocent. En effet, la responsabilité incombe à tous…au-delà des fumigènes, que dire des pierres? Sont-elles interdites? …je confirme qu’on est face à un problème de société et que le phénomène de violence est un phénomène international. Rappelez-vous ce qui s’était passé en Égypte il y a deux ans, et en Angleterre il y a vingt ans, d’où il nous faut en tirer des enseignements et lutter contre ce phénomène dans les plus brefs délais.
Vous aviez annoncé il y a peu de temps que l’Algérie s’apprêtait à présenter sa candidature pour abriter la CAN 2017. Où en est-on?
Croyez-moi, il est encore prématuré d’en parler, nous n’y pensons plus à l’heure qu’il est et tout interviendra le moment venu. La CAN 2017 est une question secondaire pour nous…notre premier objectif, c’est d’aménager les structures sportives et les nouvelles infrastructures qui profiteront au premier lieu à nos clubs et à noitre championnat professionnel.
La Fédération malienne de football a demandé à la CAF la délocalisation de leur match face aux Verts sous prétexte d’insécurité dans les stades algériens, après la mort d’Ebossé. Quel est votre commentaire?
Hélas! Nos frères maliens tentent d’exploiter l’incident tragique et ont formulé une demande totalement inacceptable et irresponsable.