Téhéran: Echorouk dénonce les crimes israéliens
La capitale iranienne abrite du 1ier au 3 mai la conférence internationale sur le droit humanitaire dans l’optique de l’Islam avec la participation officielle d’états, de spécialistes, chercheurs, des représentants du Croissant Rouge iranien et ceux de l’Association Islamique du Droit International Humanitaire. Echorouk Al Yaoumi, également présent a exposé son action de dénonciation des violations des droits de l’homme, en utilisant le Powerpoint, dans un compte-rendu détaillé des publications du journal durant l’agression israélienne contre le Liban, l’été 2006.
- L’exposé a mis en exergue la réaction rapide d’Echorouk qui a envoyé ses journalistes sur le champ de bataille, et rapporté en détails les crimes israéliens contre des civils libanais. Ces crimes ont constitué le sujet principal du journal, à la une et à travers des dossiers, durant les 34 jours de la guerre. La même démarche a été adoptée lors de l’agression israélienne contre la bande de Gaza.
- Echorouk n’a pas hésité non plus à publier des photos atroces des victimes des raids israéliens, car ce qu’ont subi les libanais est révoltant et ne pouvait être tu, a-t-on expliqué dans cet exposé. Le journal ne s’est pas contenté d’accomplir son devoir d’informer, mais il a également adhéré à d’autres initiatives notamment la création d’une commission de solidarité avec le peuple palestinien, présidée par deux symboles de la révolution algérienne, en l’occurrence Abdelhamid Mehri et Djamila Bouhired. Cette commission a organisé des rencontres et des conférences pour dénoncer les violations des droits humains dans la bande de Gaza. Le rôle du journal s’est étendu jusqu’aux opérations d’acheminement des aides humanitaires aux palestiniens.
- L’exposé a par ailleurs présenté des exemples flagrants de violations des droits de l’homme au Liban constatées de visu par l’envoyé d’Echorouk durant la guerre. Les israéliens n’épargnaient en fait ni les enfants, ni les équipes médicales et de secours.
- Echorouk a pu aller là où d’autres journaux n’ont pu accéder, que ce soit au Liban ou à Gaza. Ses envoyés spéciaux étaient sur le champ de bataille et ont rapporté ce que certaines chaines satellitaires ont omis.
- L’expérience du journal a fait l’objet d’études académiques, notamment des dizaines de thèses universitaires, et a intéressé les spécialistes en droit international humanitaire qui n’ont pas manqué de saluer l’expérience d’Echorouk.
- Le président du forum islamique du droit international, Fawzi Oussedik, a indiqué à l’ouverture de la conférence que le facteur religieux chez les musulmans fait qu’ils respectent les droits humains, d’abord comme obligation religieuse. Il a ajouté que les guerres ne doivent être menées qu’en dernier recours, mais quelles que soient les circonstances, l’aspect humanitaire doit être respecté et préservé.
- De son côté, le conseiller du ministre iranien des affaires étrangères a affirmé que son pays veillait au respect des principes du droit international inhérents à la protection des droits humains, appelant les participants à la conférence à sensibiliser la communauté internationale sur les violations flagrantes des droits de l’homme dans de nombreuses régions du monde, particulièrement en Palestine et au Liban.
- La conférence, qui a aussi vu la présentation des expériences des chaines Al Manar et Jazeera, a été sanctionnée par la déclaration de Téhéran qui inclut plusieurs recommandations sur les principes de l’humanisme dans l’Islam. Le rôle de la Charia dans la détermination des valeurs humanitaires en temps de paix et de guerre a été relevé.
- La déclaration de Téhéran réaffirme l’importance du respect, de la consolidation et de l’application du droit humanitaire international, et la nécessité d’enseigner les préceptes de la Charia islamique relatifs aux principes du droit international humanitaire. Le texte appelle à encourager les recherches et les études comparatives entre la Charia islamique et les préoccupations du droit humanitaire international. L’importance de la coopération entre organisations nationales, régionales et internationales, et les centres de recherches et universités islamiques, dans le domaine des droits humains y compris du point de vue de la Charia a été soulignée.
- A noter que le journaliste photographe Sami El Hadj a ravi la vedette à cette conférence. Il était entouré par des journalistes iraniens notamment, qui lui posaient des questions sur le cauchemar qu’il a vécu à Guantanamo.