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La tension entre la Maison Blanche et le Vatican atteint un niveau inédit

Echoroukonline
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La tension entre la Maison Blanche et le Vatican atteint un niveau inédit

Le vice-président américain JD Vance a sommé le pape Léon XIV de « faire très attention » lorsqu’il s’exprime sur des questions de théologie, tandis que le président Donald Trump poursuit ses attaques frontales contre le souverain pontife.

Dans un discours prononcé lors d’un événement de Turning Point USA, JD Vance, converti au catholicisme en 2019, a reproché au pape d’avoir affirmé que « Dieu n’est jamais du côté de ceux qui manient l’épée », une position que Vance juge incompatible avec la doctrine de la « guerre juste ».

« Il est très, très important pour le Pape de faire attention quand il parle de matières de théologie », a-t-il lancé se permettant de corriger le chef de l’Église catholique sur sa propre doctrine.

Ces sorties interviennent après que le pape Léon XIV a vivement critiqué les menaces américaines contre l’Iran, qualifiant de « vraiment pas acceptable » l’idée d’une destruction de « civilisation » et dénonçant les attaques sur les infrastructures civiles. Le pontife avait également annulé une visite prévue à Washington.

Cette attitude de l’administration américaine avait provoqué une réaction rare et ferme de la part de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, qui a exprimé sa solidarité avec le pape Léon XIV, affirmant qu’elle ne se sentirait pas à l’aise dans une société où les responsables religieux devraient obéir aux injonctions des leaders politiques.

Elle a jugé les propos de Trump envers le pape d’« inacceptables ».

Ségolène Royal, l’ancienne candidate à la présidence française, a résumé dans un message partagé sur le réseau social américain X, les raisons qui pour elle explique cette hostilité.

« Donald Trump insulte le pape parce que celui-ci oppose la force de la paix à la folie sans issue de la guerre et de la haine, parce qu’il a annulé sa visite aux États-Unis, et surtout parce qu’il refuse de laisser passer la déclaration de Trump selon laquelle il fait la guerre au nom de Dieu » a-t-elle écrite.

Pour de nombreux observateurs et utilisateurs des réseaux sociaux, cette séquence révèle « une arrogance » des deux leaders américains qui s’érigent en donneurs de leçons de théologie à l’autorité morale de plus d’un milliard de catholiques à travers le monde.

En outre, cette confrontation met en lumière un fossé culturel et théologique majeur entre le protestantisme évangélique américain et le catholicisme.

Le premier, très influent dans l’entourage de Trump, refuse toute autorité centrale. Chaque croyant, et plus encore un leader politique qui se revendique chrétien, peut interpréter librement la Bible et se considérer comme un instrument direct de la volonté divine.

Dans cette tradition, la guerre est parfois perçue comme une mission providentielle ou une croisade nationale bénie par Dieu.

À l’inverse, dans le catholicisme, la théologie s’appuie sur l’Écriture, la Tradition et l’enseignement officiel de l’Église. La doctrine de la « guerre juste » existe bel et bien, mais elle est strictement encadrée. En rappelant que Dieu rejette la guerre et que son nom ne saurait justifier la violence.

Les travaux des spécialistes français Sébastien Fath et Sébastien Boussois, ainsi que les recherches de l’Américain Matthew Taylor, documentent le « fossé théologique » qui oppose la structure institutionnelle du catholicisme à l’absence d’autorité centrale propre au protestantisme évangélique.

Cette déclaration survient au lendemain d’attaques d’une virulence rare de la part de Donald Trump. Le président américain avait qualifié le souverain pontife de « faible face à la criminalité » et de « catastrophique en politique étrangère », allant jusqu’à relayer une image de lui-même en figure christique avant de la retirer devant l’indignation générale.

En réponse, le pape Léon XIV a affirmé « ne pas avoir peur de l’administration Trump », revendiquant une ligne évangélique de paix et refusant l’instrumentalisation de la foi par le pouvoir politique.

Si le Vatican n’a pas réagi officiellement face aux récentes sorties de JD Vance, le fossé entre le message pontifical et la rhétorique guerrière trumpiste semble désormais béant.

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