Tunisie: le nouveau gouvernement face à des défis majeurs
Le nouveau gouvernement tunisien est confronté à des défis majeurs dont la mise en place d’institutions constitutionnelles stables avant la fin de l’année afin de clore la phase de transition et faire aboutir le processus de transition démocratique, estime unanimement la classe politique.
Dès la formation du nouveau gouvernement dirigé par Ali Larayedh -quatrième gouvernement provisoire depuis la chute de l’ancien régime le 14 janvier 2011- l’Assemblée constituante -la plus haute autorité du pays- a voté une batterie de mesures visant, dans leur ensemble, à mettre fin à la phase de transition, fixer des échéances pour l’élaboration de la nouvelle constitution et la tenue des élections présidentielle et législatives.Ce calendrier définit trois rendez-vous essentiels, à savoir l’élaboration de la nouvelle constitution avant le 27 avril 2013, la première lecture de la constitution fixée au 8 juillet 2013 et la tenue des élections du 15 octobre au 15 décembre 2013.Les députés de la coalition au pouvoir (Ennahdha, le parti du congrès et celui de Takatol) ont approuvé ce calendrier en dépit de son rejet par les députés de l’opposition.Le président tunisien Mohamed Moncef Marzouki a, à ce propos, indiqué que “le seul souci” s’agissant de la constitution est “d’empêcher le retour” de la tyrannie, ce qui doit, selon lui, requérir une réflexion profonde et une répartition adéquate des prérogatives des pouvoirs.Il a appelé à la nécessité d’achever la rédaction de la constitution dans les plus brefs délais afin d’accéder aux attentes du peuple tunisien.Le chef du nouveau gouvernement Ali Larayedh a, lui aussi, insisté sur la nécessité de mettre fin à la phase de transition avant l’année en cours, mettant en exergue “l’importance de préparer les conditions” pour la tenue des élections présidentielle et parlementaires.Pour lui, la démocratie “naissante en Tunisie nécessite une constitution, des échéances politiques claires et des élections”. La tenue des prochaines élections est tributaire, selon les observateurs de l’élaboration de la nouvelle constitution qui accuse un retard au niveau de la Constituante en raison des différends entre les groupes parlementaires sur la nature du régime politique futur. Ennahdha a opté pour un régime parlementaire tandis que les forces d’opposition préfèrent un régime présidentiel amendé.Le nouveau gouvernement tunisien fait donc face à des défis difficiles dans une conjoncture marquée par une situation économique délicate, la recrudescence des mouvements de grève en raison de l’absence de projets et de programmes de développement, l’augmentation du taux de chômage qui a atteint 17 %, notamment chez les jeunes titulaires de diplômes universitaires.Le nouveau exécutif devra également prendre en charge l’aspect sécuritaire qui connaît une nette dégradation, notamment au regard de la montée du salafisme djihadiste et de l’augmentation des risques des groupes terroristes.Aussi le nouveau chef du gouvernement a-t-il défini, dans le programme gouvernemental, les priorités politiques, économiques et sociales pour la période de transition restante en axant sur le rétablissement de la sécurité, la lutte contre la criminalité, la poursuite de la relance économique et la préservation des équilibres financiers.L’emploi, la protection du pouvoir d’achat du citoyen, la lutte contre la corruption et l’activation de l’amnistie générale figurent également parmi les priorités du nouveau gouvernement.