Naufrage scolaire en Algérie: des intellectuels remettent en cause la langue arabe

date 2016/11/23 views 1464 comments 9
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icon-writer Walid. A. / version française: Moussa. K

Le journal français, Le Monde, a publié mardi une déclaration faite par un collectif d’intellectuels dénonçant ce qu’ils appellent « la néosalafisation de la langue arabe ».

La déclaration impute la responsabilité de la tendance religieuse au secteur d’éducation ayant caractérisé la langue arabe  durant ces quelques dernières années.

Elle est signée par un nombre d’intellectuels, dont Ahmed Djebbar, mathématicien et historien des sciences, professeur émérite à l’université des sciences et des technologies de Lille, ancien ministre de l’éducation nationale algérienne; Abderrezak Dourari, linguiste, professeur à l’université d’Alger ; Mohammed Harbi, historien et ancien dirigeant du FLN; Wassiny Laredj, écrivain et professeur de littérature moderne aux universités d’Alger et de Paris-III-Sorbonne-Nouvelle; Khaoula Taleb-Ibrahimi, linguiste, professeure à l’université d’Alger ; Houari Touati, historien, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris.

Par ailleurs, ils plaident pour la libération de la langue arabe d’héritage historique  et de l’aspect religieux.

Selon eux, la langue arabe est « constamment sujette à des tensions politiques et à des disputes idéologiques extrêmes. Car ceux qui la défendent bruyamment ne la conçoivent que comme une langue rituelle et patrimoniale».

« Quant à ceux qui s’imaginent que la langue arabe est une langue sacrée, voire la langue sacrée par excellence, ils ne sont rien moins que des adeptes de la sottise », soutiennent-ils.

Et le collectif d’expliquer: « D’abord parce que la plupart des langues s’imaginent descendre du ciel ; ensuite parce que les prétendus arguments religieux sur lesquels cette allégation est bâtie sont apocryphes. On a bien fait dire  au prophète Mohammed (QSSSL) que, de toutes les langues, c’est l’arabe qui était sa préférée parce qu’elle est « la langue des gens du paradis».

« Les faux défenseurs de la langue arabe de chez nous, ceux qui sont responsables de son naufrage scolaire », martèlent-ils.

Le collectif défend implicitement la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit ayant demandé l’ouverture d’une enquête contre une institutrice ayant mis en ligne une vidéo faisant l’éloge de la langue arabe.

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