Ecole de Benghebrit de "l’arabe dialectal" à "la basmala"

date 2017/09/09 views 1197 comments 2
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icon-writer Abderrazak. B. / version française: Moussa. K.

L’affaire de la suppression de la basmala des manuels scolaires vient s’ajouter à la polémique autour de l’identité ayant accompagné la nomination -en 2014- de Nouria Benghebrit à la tête d’un département des plus sensibles, à savoir l’éducation nationale.

La ministre de l’Education a, faut-il le souligner, été accusée d’avoir déclaré la guerre aux fondements des Algériens; quoique celle-ci a toujours affirmé vouloir une école moderne loin des idéologies.

Idem aux années précédentes, la nouvelle rentrée scolaire 2017-2018 a été inaugurée sur fond d’une polémiqué autour du thème d’"identité", dont certaines sources auraient révélé que la ministre aurait instruit, voici quelques semaines, ceux qui sont en charge de la confection et de la publication des livres scolaires de supprimer la basmala de tous les manuels  à l’exception de ceux de l’éducation islamique.

Acculée, Benghebrit aurait reconnu à "demi-mot", affirmant que la basmala n’est point obligatoire dans les livres scolaires, à l’exception des livres de l’éducation islamique, non sans faire adosser la responsabilité à ceux chargés de confectionner ces manuels.

Il est à noter que l’Association des oulémas musulmans algériens était la première à avoir soulevé l’absence de la basmala des manuels scolaires.

L’Association a qualifié la décision "d’agression contre les enfants et l’identité du peuple algérien", et de "coup asséné dans le dos", sachant que les deux parties auraient conclu une sorte de "contrat moral" de manière à ce que la ministre fasse preuve de transparence dans son programme de réforme.

L’affaire dite "suppression de la basmala" s’ajoute à la série des dossiers polémiques ayant surgi au lendemain de la nomination de Benghebrit en 2014 en remplacement de Abdellatif Baba Ahmed.

Depuis la conférence de la réforme pédagogique tenue en été 2015 et consacrée à l’évaluation de 12 ans de "réformes", a commencé à surgir en surface la feuille de route mise en œuvre  par la ministre Benghebrit dans le cadre de la "2e génération" et c’en faveur, d’après ses dires, d’une "refonte pédagogique de qualité".

Toutefois, la politique de Benghebrit s’est heurtée à des critiques de tous bords, estimant que cette dernière vise les fondements de l’identité nationale.

Pendant cette période, des informations ont circulé indiquant que la ministre aurait donné des instructions verbales, dont ses détracteurs ont révélé l’existence d’un plan non-déclaré -pour frapper les constantes de l’identité nationale- applicable sur plusieurs phases.

Parmi les dossiers ayant suscité des débats houleux, l’on cite les propositions suggérant l’annulation de l’examen de fin de cycle primaire (5e), l’enseignement de l’arabe dialectal dans le cycle primaire, la suppression des sciences islamiques, de l’arabe et de l’histoire-géographie des épreuves du baccalauréat, en plus de la révélation sur la participation d’experts français dans l’élaboration des livres de la 2e génération.

Début 2016, des informations ont indiqué qu’une décision ministérielle aurait exigé des candidats au concours de recrutement d’enseignants la maîtrise de la langue française, avant qu’une crise éclate entre les enseignants contractuels et la tutelle qui a refusé leur intégration, en plus des pressions exercées pour la suppression des Versets coraniques et des Hadiths des livres scolaires.

L’an dernier, la ministre aurait vécu le pire moment depuis qu’elle ait hérité du portefeuille de l’Education nationale suite à la fuite à grande échelle des sujets des épreuves du baccalauréat, avant que le scénario ne se réédite cette année, ce qui a poussé des responsables en haut lieu à décider d’une session spéciale largement boudée par des candidats "retardataires".

En effet, Nouria Benghebrit a pu résister pendant trois ans de règne à de multiples crises ayant secoué son département, bien que de nombreux ministres se sont vus éjectés de leurs postes, y compris les deux Premiers ministres, Abdelmalek Sellal et Abdelmadjid Tebboune.

Une attitude qui a valu à la ministre d’être définie par des rapports internationaux par une des femmes les plus puissantes non seulement en Algérie, mais dans le monde arabe.

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