Medelci décrit une réalité peu reluisante des relations avec Paris
Le chef de la diplomatie algérienne Mourad Medelci a brossé un tableau noir sur l’état actuel des relations algéro-françaises en raison des implications du passé colonial et des positions nouvelles de Paris envers tout ce qui est algérien, comme la décision récente de soumettre les passagers algériens au contrôle des scanners corporels.
- Si le ministre des affaires étrangères souligne que notre pays veille au renforcement des relations avec Paris pour maintenir les liens historiques, sociaux et économiques unissant les deux peuples, il reconnait que la partie française n’a pas pris en compte ces considérations dans nombre de ses positions et vis-à-vis de multitude de préoccupations soulevées par l’Algérie.
- L’Algérie a exprimé son refus de voir le gouvernement français inclure les passagers algériens dans la liste des ressortissants des pays concernés par les mesures spéciales de contrôle au niveau des aéroports, a indiqué Medelci, ajoutant que jusqu’à présent, aucune position compréhensive n’avait été exprimée par les autorités françaises sur la question.
- Intervenant lors de l’émission radiophonique hebdomadaire Tahaoulèt de la Chaîne I, le représentant du gouvernement a révélé avoir convoqué l’ambassadeur de France à Alger Xavier Driencourt le 5 janvier pour lui signifier le refus des mesures prises à l’encontre des passagers algériens. Il a indiqué avoir également écrit à son homologue français pour lui expliquer le point de vue, ou le rejet par le gouvernement algérien de cette décision.
- Autre décision qui reflète la situation actuelle, mal en point, des relations bilatérales, le report révélé par Medelci, de la visite du chef de la diplomatie française en Algérie. Cette visite pourrait intervenir au mois de février.
- Le responsable algérien a reconnu que les relations entre Alger et Paris ne se sont toujours pas débarrassées de l’héritage du passé colonialiste, faisant allusion à la loi du 23 février 2005 qui glorifie le colonialisme. Medelci a affirmé que de nombreuses réalisations communes sont bloquées car la partie française ne fait pas montre de bonne foi. «Si la responsabilité de l’Algérie en cela est grande, celle de la France est encore plus grande», a-t-il indiqué.
- Mourad Medelci a évoqué plusieurs dossiers bloqués dont celui relatif aux archives, le réexamen du traité franco-algérien de 1968 sur l’émigration et l’investissement hors hydrocarbures.
- Autre dossier entravé, celui relatif aux victimes des essais nucléaires français dans le sud de l’Algérie. Un atelier avait été lancé par le président Bouteflika et son homologue français Sarkozy lors de la dernière visite de celui-ci à Alger. Mais les divergences persistent sur les mécanismes d’indemnisation.