Affaire Khalifa: Refus de livrer Ghazi et Nanouche à l'Algérie: Implication de personnalités françaises influentes
a.m.khalifa
La cour de Nanterre à Paris a refusé mardi dernier de livrer aux autorités algériennes Kebbache Ghazi et Mohammed Nanouche; deux des principaux proches de Abdel Moumène Khalifa, après plusieurs mois d'attente et quatre reports consécutifs de décision.
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Alors que le tribunal de Nanterre a refusé de remettre Mohammed Nanouche, l’ancien directeur général de la banque locale de Khalifa, ainsi que l’oncle du milliardaire en fuite et ancien directeur général de Khalifa Construction, Kebbache Ghazi, le même tribunal poursuit l’instruction dans cette affaire.
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Des citations à comparaître ont été adressées aux concernés qui seront entendus au sujet du blanchiment d’argent obtenu de Khalifa Bank par des transferts financiers illégaux via des banques libanaises et françaises, dont BNP Paribas et Société Générale.
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Ghazi et Nanouche ont comparu les 12 septembre et 7 octobre de l’année dernière devant le juge d’instruction près de la cour de Paris pour l’examen de la demande de leur extradition introduite par les autorités algériennes. Les mis en cause avaient été arrêtés le 29 mai 2007 en compagnie de Nadia Amirouchène, l’épouse de Abdel Moumène Khalifa, après qu’ils eurent été condamnés, une semaine auparavant, par le tribunal criminel de Blida à 20 ans de prison ferme. Un mandat d’arrêt international avait été lancé contre Ghazi et Kebbache, tandis que Nadia Amirouchène avait été condamnée à 10 ans de réclusion.
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La justice française les avait mis en liberté provisoire en attendant l’examen de la demande d’extradition, ajourné à maintes reprises.
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Des sources bien informées ont attribué le refus de remettre les personnes en question à la justice algérienne au fait que l’enquête sur l’affaire Khalifa menée par la justice française suit encore son cours, d’autant plus que les autorités britanniques ont accepté de remettre à la France Abdel Moumène Khalifa poursuivi dans l’Hexagone pour blanchiment d’argent et escroquerie. L’enquête a débuté en avril par l’audition de l’épouse de Khalifa qui a duré 10 heures, en attendant sa comparution à nouveau devant la même instance dans le cadre de l’enquête complémentaire sur ce scandale.
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Le tribunal a également auditionné Amine. Ch., le bras droit de Moumène Khalifa à Paris. Ces deux là sont considérés comme la “boîte noire” dans les dossiers Khalifa Bank et Khalifa Airlines à Paris.
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Cette enquête intervient après que la justice française ait reçu un dossier complémentaire à propos de la liquidation de Khalifa Airlaines. Amine.Ch. avait par ailleurs reconnu avoir remis à des artistes français, dont des célébrités dans le monde du cinéma, des sommes d’argent en contrepartie de leur présence à l’inauguration de la chaîne Khalifa en 2002 à Cannes. Parmi ces personnalités apparaissent les noms de Gérard Depardieu et Catherine Deneuve qui ont avoué avoir perçu d’importantes sommes d’argent. Amine. Ch. a été mis en prison puis relaxé en l’absence de preuves l’incriminant.
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Kebbache Ghazi, lui, est accusé d’avoir détourné 720 millions d’euros, reversés sur son compte personnel à Paris. Il a également détourné 350 mille euros au profit de sa fille qui les a blanchis dans un projet d’investissement à Paris.
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L’enquête dans l’affaire Khalifa en France touchera des personnalités françaises influentes, dont des membres de certains ministères, qui ont permis à Khalifa de créer un empire, aujourd’hui englouti.