Alger ranime son alliance “diplomatique” avec Riyadh
Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika a reçu mardi le prince héritier Mohamed Ben Nayef Ben Abdelaziz Al-Saoud, vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur saoudien.
Un signe limpide des deux pays visant à « tourner la page des différends » et des divergences de vues sur un certain nombre de questions régionales, dont la diplomatie algérienne s’emploie énergiquement à en résoudre celles en suspens.
En effet, la visite du prince saoudien Mohamed Ben Nayef en Algérie reste la plus importante depuis « la crise dite silencieuse » entre les dirigeants des deux pays en raison de la question syrienne.
Rappelons qu’Alger a prôné la solution politique, tandis Riyadh a opté pour soutenir l’opposition armée pour mettre à bas le régime de Bachar Al-Assad.
Le maintien des relations diplomatiques entre Alger et Damas et la réception du ministre syrien des affaires étrangères, Walid El Moualam, par les officiels algériens a, faut-il le rappeler, dû irriter le royaume saoudien.
Pour transcender leurs mésententes, le chef de l’Etat a dépêché son conseiller, Tayeb Belaïz pour nier l’existence de tout différend et expliquer à ses hôtes la doctrine de la diplomatie algérienne, sachant que ce dernier a assisté, ce mardi, à l’audience qu’a accordée Bouteflika au prince saoudien en présence de Abdelkader Messahel, ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine (UA) et de la Ligue des Etats arabes.
« Le peuple algérien se lèvera comme un seul homme pour défendre les Lieux Saints en cas d’agression terroriste», a affirmé de son côté, Abdelmalek Sellal, lors de sa visite effectuée dernièrement en Arabie saoudite.
De l’avis des observateurs, la venue du vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur saoudien en Algérie est de nature à resserrer davantage les liens entre les deux Etats, notamment après l’accord historique portant réduction de la production de l’OPEP.
Ce voyage effectué par le dirigeant saoudien intervient dans un contexte marqué par une dynamique sans précédent de la diplomatie algérienne.
D’ailleurs, l’Algérie continue d’accueillir de plus en plus de responsables des pays du Golfe, dont le dernier fut l’Emir père du Qatar, Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani.
Bien que l’APS n’ait pas expliqué les motifs de cette visite, les deux hommes auraient sans doute évoqué la nécessité de consolider davantage la coopération entre Alger et Doha.
Au volet africain, le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra s’est entretenu, lui, à Alger avec l’envoyé spécial du président du Ghana, James Victor Gbeho, dont des questions d’intérêt commun étaient au menu, entre autres la question sahraouie dont “Accra” n’a de cesse de réitérer son appui au Front Polisario.
En outre, l’Algérie a reçu les belligérants libyens, dans une démarche de trouver une issue à la crise qui déchire ce pays, ainsi que l’émissaire des Nations unies en Libye, Martin Kobler.