Béchar: Les gardes frontières à l’affût de la contrebande lucrative
Echorouk a assisté à une saisie de plus de trois tonnes de kif, du carburant ainsi que des armes et des munitions à bord de deux véhicules lors d’une opération menée par le 10ème groupement des gardes-frontières de Béchar. Des produits alimentaires ont également été découverts. L’enquête a révélé que l’accompagnateur chargé de préparer les repas aux trafiquants percevait environs 5 millions de centimes par voyage, soit jusqu’à 40 millions de centimes par mois. Un revenu qui dépasse celui d’un ministre d’Etat au gouvernement algérien, et encore bien au delà du salaire d’un garde-frontière qui est à peine de 20 mille dinars par mois.
- Nous nous sommes rendus avant-hier dans la région de Djebel Serour, 400 kilomètres du chef-lieu de la wilaya de Béchar. L’endroit était désert mis à-part le rare passage de camions ou de véhicules de l’armée, puisque des casernes et des bases militaires existent dans cette région.
- Le téléphone portable est inutile en l’absence de réseau, et un paysage sinistre s’offre à nos yeux avec notamment une brigade de la gendarmerie dont le siège est fait de torchis et de pierre, des bâtisses datant parfois de l’époque coloniale dépourvues de toute commodité. Les conditions de travail sont difficiles et certains gendarmes sont terrés dans des casemates, en gardant toute leur attention et vigilance, d’autant que lorsqu’ils interceptent des hommes armés, ces derniers pourraient être des trafiquants mais également des terroristes, nous confie un responsable rencontré sur place.
- Djebel Serour est une région sauvage où la presse se déplaçait pour la première fois; j’y étais avec mon confrère Djilali Benyoub du journal Liberté. La route accidentée, les virages sablonneux, les vents et la chaleur nous ont rapidement affectés.
- Nous suivions des responsables des unités des gardes-côtes de Béchar et tout au long du trajet, nous avons remarqué les traces de roues de véhicules utilisés par les contrebandiers. Des pierres et des restes de bidons en fer étaient disposés comme des repères.
- L’erg était visible au loin, et nous percevions les éléments des gardes-frontières en train de se déployer protégés par leurs gilets pare-balles et munis d’armes de type kalachnikov et de lunettes à infrarouges.
- L’état d’alerte était décrété et plusieurs pièges ont été dressés pour déjouer une quelconque tentative de contrebande.
- Nous découvrîmes sur les lieux, les saisies de la dernière opération. Des pièges tendus sur des chemins douteux ont permis ce coup de filet réalisé vers 4 heures du matin. Les moteurs de véhicules, lumières éteintes, arrivant de la bande frontière marocaine ont été entendus dans la région dite Taous. Les gardes-frontières ont cerné quatre véhicules et des tirs ont commencé à fuser de partout. Les trafiquants se sont dispersés pour affaiblir les éléments des gardes-frontières, mais ces derniers ont tout de même réussi à maîtriser deux des véhicules. Les contrebandiers sont parvenus à prendre la fuite.
- A bord des véhicules, des produits alimentaires ont été découverts, plus de 50 litres de carburant, de la drogue dans plusieurs colis, des armes et des munitions ainsi qu’un cellulaire Thoraia.
- La quantité totale de kif saisie s’élève à plus de 3 tonnes.