Ben Bella dans une interview à Echorouk TV avant sa mort : « Abane Ramdane m’a demandé d'exécuter Mahsas »
Ahmed Ben Bella, premier président de l’Algérie indépendante, était un bon élève à l’école. L’écolier a été blessé par son instituteur français extrémiste. Les mots blessants de cet extrémiste ont changé la vie d’Ahmed Ben Bella, l’enfant, qui deviendra un rebelle politique. Le premier président de l’Algérie indépendante a indiqué qu’il a rejoint le Parti du peuple algérien (PPA) parce qu’il voit en lui l’indépendance du pays. Dans une interview accordée à la chaîne satellitaire Echorouk TV, Ahmed Ben Bella fait le tour des événements historiques qui ont marqué l’histoire de notre pays.
Le mot qui a changé la vie d’Ahmed Ben Bella, l’élève
« J’étais un excellent élève à l’école et au lycée, établissements que j’ai fréquentés à Tlemcen. Mais un jour, un instituteur nous a déclaré que notre prophète (QSSSL) était un imposteur. Ces mots très blessants ont changé le cours de ma vie. Je n’ai pas terminé mes études comme je l’espérais et j’ai décidé de partir en France, plus exactement à Marseille », a raconté à Echorouk TV le défunt Ahmed Ben Bella. « J’étais devenu un enfant rebelle. Je refusais d’étudier. J’ai décidé de jouer au football et j’ai excellé en cela. J’étais joueur à l’Olympique de Marseille (OM) », a-t-il ajouté.
Sans l’accord de Krim Belkacem, Abane Ramdane n’aurait pas été tué
« Je n’étais pas présent lors de l’assassinat d’Abane Ramdane. A cette époque, j’étais en prison à cause de l’affaire du détournement de l’avion. Toutefois, je suis sûr que sans l’accord de Krim Belkacem, Abane Ramdane n’aurait pas été tué, parce que Krim Belkacem est le plus important des trois chefs et sa parole est respectée et exécutée », a indiqué Ahmed Ben Bella à propos de l’affaire de l’assassinat d’Abane Remdane.
Abane Ramdane m’a demandé de juger Mahsas et de l’exécuter
Le premier président de l’Algérie indépendante a indiqué à Echorouk TV qu’Abane Ramdane lui a demandé de tuer Mahsas parce que ce dernier avait prononcé des mots indécents. « Il m’a demandé à trois reprises de juger et de le tuer Mahsas », a dit Ahmed Ben Bella. Selon lui, tous ceux qui étaient en prison avaient accordé des prérogatives à Krim Belkacem pour représenter la direction. « Je ne défends pas le groupe qui a tué Abane Ramdane, mais ils avaient dit à l’époque que s’ils ne le tuaient pas, lui, allait les tuer », a-t-il expliqué. A souligner qu’Ahmed Ben Bella et ses camarades qui étaient en prison au moment de l’assassinat d’Abane Remdane n’avaient appris la nouvelle de son assassinat qu’un an après. « Je préfère Krim Belkacem à Abane Ramdane, mais pas au point de justifier son assassinat. Ni moi, ni Hocine Aït Ahmed étaient au courant de son assassinat. A cette époque là, nous étions en prison », a expliqué le premier président de l’Algérie indépendante.
Détournement de l’avion
L’Égypte, à sa tête Djamal Abdenasser a beaucoup soutenu la Révolution algérienne. Ce soutien indéfectible a beaucoup dérangé la France au point où elle a demandé lors des premiers contacts officiels menés par Mohamed Khider et Mohamed Yazid, qui ont eu lieu en Egypte, d’arrêter la transmission de Sawt El arab (Chaîne radio) à partir du Caire. La deuxième demande de la France était de changer le lieu des négociations de l’Égypte vers la Yougoslavie. Ahmed Ben Bella pense que les Français avaient infiltré la Révolution lors du sommet de Tripoli. À l’issue de ce sommet, des décisions ont été prises à l’encontre de l’Égypte. Cette dernière a été soupçonnée de vendre du coton sur le dos des Algériens. Cela a eu des effets néfastes entre les dirigeants algériens et l’Égypte. « Dans ces circonstance difficiles, nous avons convenu d’organiser une réunion à laquelle prendra part l’Algérie, la Tunisie et le Maroc pour étudier le dossier des contacts qui ont eu lieu au Caire. Ainsi, je me suis rendu à Rabat en dépit des mises en garde de Djamal Abdenasser qui m’a indiqué qu’un complot a été monté contre nous (Hocine Ait Ahmed, Mohamed Boudiaf, Mohamed Khider et Mostefa Lacheraf ) », a raconté Ahmed Ben Bella. « Une fois arrivé à l’aéroport de Rabat, je me suis souvenu de la mise en garde de Djamal Abdenasser. Les autorités marocaines nous ont informés que nous rejoindrons la Tunisie à bord de l’avion spécial de Hassen II. Mais une fois arrivés à l’aéroport, on nous a dit que son épouse serait à bord de cet avion. Ainsi, on nous a dit que nous rejoindrons la Tunisie à bord d’un autre avion. Une fois à bord, on nous a dit encore une fois de changer d’avion. Et avant de monter à bord d’un autre appareil, le doute s’était déjà installé en nous. J’ai dit au ministre marocain Ahradane que s’il nous arrive du mal le Maroc en assumera entière responsabilité », a-t-il ajouté. « Nous sommes montés à bord d’un autre avion qui devait nous ramener en Tunisie. L’arrivée était prévue en début de soirée. Cependant, nous nous sommes retrouvés à aéroport d’Alger où un impressionnant dispositif sécuritaire nous attendait. C’est ainsi que nous avons appris que nous étions kidnappés », a conclu le défunt Ahmed Ben Bella.