Benbraham: Al-Jazeera refuse de publier un documentaire sur les essais nucléaires à Reggane!
L’avocate Fatima-Zohra Benbraham a affirmé que la France avait reconnu politiquement ses crimes commis au Sahara algérien, à savoir les essais nucléaires effectués à Tamanrasset et Adrar à l’extrême sud du pays.
Lors de son intervention en marge du séminaire national sur « Les essais nucléaires français dans le Sahara algérien, impact sur l’homme et l’environnement », organisé à Illizi à l’occasion de la commémoration du 57e anniversaire des explosions à Reggane (13 février 1960), Me Benbraham, chargée du volet juridique dans le cadre de ce dossier, a souligné que le fait que des politiques français évoquent avec leurs homologues algériens le dossier des essais nucléaires est en-soi une reconnaissance politique par la France pour ses crimes.
A participé également au séminaire, le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni.
L’avocate qui avait plaidé en faveur de l’indemnisation des victimes des explosions nucléaires en 2001 a fait savoir que la France, qui avait de tout temps refusé avoir commis ces crimes, a fini par les reconnaître politiquement.
Pour elle, le fait d’avoir confié ce dossier au ministre des Moudjahidine plutôt qu’au ministre des Affaires étrangères en est une preuve.
Selon Benbraham, l’ancien président français a enfreint la loi en 2008 en décidant de fermer l’archive algérienne concernant le dossier nucléaire, ce qui atteste, à ses yeux, une mauvaise intention de la France.
Par ailleurs, elle a révélé que la chaîne satellitaire « Al-Jazeera » avait réalisé, il y a quelques années, un documentaire sur les essais nucléaires au Sahara algérien, dont le journaliste a eu droit à tous les renseignements et dossiers nécessaires. En outre, il a pu recueillir des témoignages parmi les victimes et ceux ayant vécu le drame.
Ce document a, faut-il le souligner, suscité une grande polémique en France, sachant que la chaîne qatarie a décidé de ne pas le publier sur son site officiel, comme elle faisait d’habitude!
Après avoir joint le journaliste ayant réalisé le documentaire, l’avocate a réalisé que l’administration française avait demandé à la direction de la chaîne de ne pas le mettre en ligne tout en lui affirmant qu’elle reconnaitrait ses crimes liés aux explosions nucléaires.