Bruguière dénonce : le général Buchwalter n’a jamais témoigné !
Dans un entretien accordé au journal L’Express, l'ex-magistrat antiterroriste Jean-Louis Bruguière s'est attaqué sur la manière dont il a instruit l'affaire des moines tués en 1996 en Algérie.
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« Je ne voulais pas évoquer cette affaire encore à l’instruction, mais ne peux me taire devant les propos mensongers et injurieux de Me Baudouin », a t’il déclaré, affirmant que l’avocat des parties civiles avait adressé une longue liste de personnes à entendre, allant d’Alain Juppé à un spécialiste belge du terrorisme. Le responsable de la DGSE et l’attaché militaire de l’ambassade de France en Algérie figuraient n’a jamais évoqué une participation de l’armée algérienne comme il le fait aujourd’hui. L’ex juge de l’affaire des moines de Tibhirine explique également : « le général Buchwalter pouvait à tout moment me contacter, je l’aurais entendu sur-le-champ mais il a mis treize ans pour se manifester auprès de la justice ».
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De son coté, Me Baudouin, veut démontrer que les services algériens sont impliqués dans ces meurtres avec la participation de la France; la droite, alors au pouvoir, étant évidemment complice, ajoute t’il dans le même entretien.
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Par ailleurs, Bruguière explique s’etre rendu en Algérie pour recueillir des éléments d’enquête. : « Cela n’a pas été facile, car Alger a refusé en 2005 une première commission rogatoire internationale, et j’ai dû batailler pour m’y rendre l’année suivante. J’ai par la suite récupéré notamment les communiqués du Groupe islamique armé (GIA), qui reconnaissait avoir enlevé et assassiné les moines. A mon retour, j’ai entendu les quatre personnes au plus près des événements à savoir : l’ambassadeur de France à Alger, Michel Lévêque, Hubert Colin de Verdière, le directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères de l’époque, Hervé de Charrette, le général Rondot, parti à Alger pour le compte de la DST, et enfin Jacques Dewatre, le responsable de la DGSE ».