Ce que le Sahara Occidental attend du nouveau président US
Le Front Polisario espère que la future administration américaine réexaminera sa position, jusqu'ici pro-marocaine, sur la question du Sahara occidental, a indiqué le président de la RASD, Mohammed Abdelaziz.
- De nombreux pays de par le monde espèrent un changement avec l’avènement d’une nouvelle administration américaine. Au moment où l’Amérique élisait son nouveau dirigeant, le président de la République Arabe Sahraouie Démocratique a souhaité une nouvelle position des États-Unis quant au conflit au Sahara Occidental. “Nous espérons que la nouvelle administration contribuera à l’éradication du colonialisme du continent africain et notamment au Sahara occidental”, a déclaré Mohammed Abdelaziz dans un entretien à l’AFP.
- Jusque-là, l’administration du président George Walker Bush a toujours soutenu la position marocaine consistant en une large autonomie du Sahara Occidental sous la souveraineté du Royaume chérifien et ne négocie à Manhasset que sur cette base. Le Polisario lui, réclame un référendum d’autodétermination, qui offre aux Sahraouis le choix entre l’indépendance, l’autonomie ou le rattachement au Maroc, comme le stipulent d’ailleurs les nombreuses résolutions de l’ONU. L’entêtement du Maroc a grandement contribué à l’échec des pourparlers de Manhasset entamés en 2007 sous l’égide de l’instance onusienne.
- La question est de savoir amintenant si la future administration américaine adoptera une position révisée vis-à-vis du conflit sahraoui. Les chances sont en effet minces. La politique du candidat républicain John McCain s’il est élu, ne sera que la continuité de son prédécesseur. L’autre candidat, le démocrate Barack Obama, celui qu’on surnomme “le candidat du changement” n’apportera probablement pas de grandes modifications à la politique étrangère américaine en tant que président. Il craindra, selon les observateurs, de faire montre d’une faiblesse qui offrira à ses ennemis l’occasion rêvée de le critiquer.
- Quoi qu’il en soit, le président sahraoui ne s’arrête pas à l’espoir de voir l’attitude américaine changer. Il est actuellement à New York pour un entretien avec le secrétaire général de l’ONU. Mohammed Abdelaziz devrait interpeller Ban Ki-Moon sur la responsabilité des Nations unies dans leur mission de créer les conditions favorables en vue de permettre au peuple sahraoui de s’exprimer à travers un référendum d’autodétermination et l’appellera à faire pression sur le Maroc pour mettre un terme aux violations des droits de l’homme et aux exactions marocaines subies quotidiennement par le peuple sahraoui. Le processus des négociations est également au centre des discussions.