Challe-Morice : Les Parenthèses de l’Horreur
Barbelés
L’été 1956, la révolution algérienne dure depuis deux ans et déroute l’ennemi.La concertation accrue de ses principaux acteurs fait craindre à l’armée française une victoire rapide de l’Armée de Libération Nationale. L’institution militaire coloniale mettra en branle une machine infernale. L'un de ses moyens de répression les plus meurtriers s’appellera Challe et Morice.
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Pour conserver la colonie « Algérie » à tout prix, il est décidé le retrait des troupes coloniales de Tunisie et du Maroc. Les pays voisins vont se libérer du joug français qui redéploye ses soldats en terre algérienne.
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Le Renforcement de la présence militaire est une fois encore dictée par l’intérêt.
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La spoliation des richesses naturelles ne pouvant se faire qu’en contenant le mouvement de libération.
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Mais les deux anciennes colonies qui partagent les frontières avec l’Algérie représentent un soutien indéfectible à sa cause.
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La France, décide alors d’isoler l’Algérie de ses voisins en posant un dispositif meurtrier tout le long de ses frontières Est et Ouest.
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En Aout 1956, le ministre de la défense français André Morice lance le chantier de la ligne qui devait fermer hermétiquement le territoire algérien.
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Près de 2000 kilomètres de terrains minés traversés par des fils barbelés, des clôtures électrifiées doublées de grillages qui devaient empêcher toute incursion ou sortie du territoire algérien.
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A l’Ouest, la ligne prend naissance dans la région de Ghazaouet pour se perdre dans les étendues sablonneuses du sud de Bechar. A l’Est, la ligne de haute tension s’étend de Annaba au Nord jusqu’à Negrine au Sud.
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Décrétée « zones interdite », la bande territoriale qui s’étendait entre les « lignes »et les frontières, devenait un No Man’s land où une population affamée était parquée et surveillée.
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Si la largeur de la ligne électrifiée Morice est de 30 à 60 mètres, celle de la ligne Challe qui va en constituer un double rempart à l’Est en 1957, atteindra par endroits large de plusieurs kilomètres.
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La ligne Challe, qui porte le nom de Maurice Challe commandant des forces françaises, se voulait un obstacle « supérieur » visant à décourager ceux qui avaient pris le risque de traverser les barrières électrifiées de Morice.
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La tension électrique atteint 30 mille volts sur cette ligne qui si elle venait à être interrompu par un sectionnement déclencherait l’alarme des stations de contrôle technique.
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S’ils venaient à être détectés les combattants algériens essuyaient les tirs et bombardements de l’aviation française qui réagissait immédiatement après l’alerte.
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Bien qu’elles aient affaibli la communication et l’appui de l’ALN extérieur d’avec l’ALN de l’intérieur, l’activité des moudjahidines algériens s’est poursuivie sur les frontières.
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Beaucoup y tomberont en martyrs ; les historiens rapporteront également de nombreux récits héroïques.
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Les 11 millions de mines antipersonnel et anti-groupe auraient, selon une certaine estimation, fait près de 50 000 morts et 80 000 blessés.
Aujourd’hui encore, elles continuent d’emporter des vies…