Cheb Mami demande pardon à la victime
Il était dix heures cinq minutes lorsque Cheb Mami est entré à la salle du tribunal de Bobigny à Paris, accompagné de trois policiers. Il a un peu parlé à ses avocats avant de prendre place sur le banc des accusés.
- La salle du tribunal était bondée; des journalistes, des curieux et même des avocats-stagiaires venus suivre le jugement du prince du rai, Cheb Mami poursuivi pour tentative d’avortement de son ex-compagne, la photographe Isabelle Simon.
- Le président de la cour a appelé les accusés; Mohammed Khelifati, dit Cheb Mami, son manager Michel Le Corre alias Michel Levy, accusé d’avoir planifié le crime, les grands absents Abdelkader Lallali, bras-droit de Mami en Algérie accusé d’avoir enlevé la victime et d’avoir tenté de l’avorter, et le marocain Hichem Lazar qui avait remis la victime à Lallali. Etait présente également, la victime Isabelle Simon, photographe professionnelle qui avait rejoint l’agence Levy.
- Après la lecture des rapports d’expertise psychologique des accusés, la séance a été suspendue pour reprendre à 14h30. La victime paraissait détendue et calme durant son témoignage, alors que Michel Levy s’est empêtré dans ses contradictions au point de recevoir un avertissement du président de la cour. Pour sa part, Cheb Mami n’a pas cessé de pleurer et de reconnaitre sa faute.
- La séance a de nouveau été suspendue à 18h pour une demi-heure. Elle se poursuivit jusqu’à minuit avec les plaidoyers des avocats et les réquisitoires du parquet qui a demandé la peine maximale de 10 ans de réclusion à l’encontre de Abdelkader Lallali, huit ans contre Hicham Lazar, six contre Levy et sept ans de prison ferme contre Cheb Mami prenant en compte sa présence au tribunal et ses aveux pour son rôle dans l’affaire. Le verdict a été annoncé pour vendredi à 15h.
- Me Claire Doubliez, avocate de Cheb Mami confie à Echorouk avoir prévenu la police française de l’arrivée de son client à Paris. Pour l’avocate, l’important était de connaitre et de rétablir la vérité, mais «Mami a été le seul à respecter les règles du jeu».
- Cheb Mami a été courageux en venant au procès, indique Claire Doubliez. «Quand il s’est constitué prisonnier, il savait qu’il ne venait pas pour un mois et demi de prison», dit-elle. «C’est une peine lourde, mais le tribunal a tenu compte du contexte de l’affaire».
- L’avocate de la victime, elle, a estimé que Cheb Mami a adopté une attitude respectable en reconnaissant sa responsabilité dans ce qui est arrivé. «Ma cliente n’est pas venue réclamer l’emprisonnement de ses bourreaux, mais pour les entendre avouer le très grave préjudice qu’elle a subi, et pour qu’elle soit dédommagée».
- D’autre part, l’avocate de Simon nie la rumeur selon laquelle sa cliente aurait proposé de laisser tomber l’affaire et les poursuites moyennant une somme de 500 mille euros.