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Clinton vote Obama

الشروق أونلاين
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Clinton vote Obama

La seule manière de continuer le combat…est de mobiliser toute notre énergie, notre passion et notre force pour aider Barack Obama à être élu président des Etats-Unis ” . Ses milliers de partisans ont, dans leur immense majorité, follement acclamé Hillary Clinton quand elle les a appelés, samedi, à se rallier au vainqueur des primaires démocrates, qui sera le candidat du parti à la présidentielle de novembre. 

 Mais il s’est quand même trouvé une minorité pour siffler et huer le nom du sénateur de l’Illinois, un indice que la réunification de la ” famille démocrate ” souhaitée par Hillary ne sera peut-être pas si facile.
Ils étaient des milliers samedi, venus de tous le pays, à avoir envahi dès dix heures du matin le hall monumental du Musée National du Bâtiment, au centre de Washington. Il n’y avait probablement jamais eu autant de journalistes, photographes et caméras de TV dans une réunion politique depuis le début des primaires que pour couvrir les adieux d’Hillary à son rêve de devenir la première femme élue à la Maison-Blanche.

“Assurer que Barack Obama sera notre prochain président”

Mais la manifestation n’a rien eu d’un enterrement. L’ex-candidate, flanquée de son époux, l’ex-président Bill Clinton, de leur fille, Chelsea et de sa propre mère, Dorothy Rodham, était aussi souriante et pugnace qu’elle l’avait été tout au long des 54 élections primaires qui se sont terminées, de l’aveu de tous les politologues, par le résultat le plus serré de l’histoire politique américaine et sa défaite sur le fil. ” Ce n’est pas tout à fait la fête que j’avais espérée , ” a-t-elle reconnu ” mais je suis vraiment heureuse que vous soyez là ! “.
Elle a d’entrée apporté un démenti cinglant à ses (nombreux) adversaires qui n’avaient cessé de chuchoter que, mauvaise perdante, elle refuserait de soutenir son rival, voire qu’elle tenterait jusqu’au bout de mener une guérilla jusqu’à la convention du parti, fin août à Denver (Colorado), de manière à affaiblir Obama et handicaper ses chances de battre le républicain John McCain. A plusieurs reprises, elle a martelé au contraire qu’elle lui apporte son ” soutien total ” et a répété sa volonté de ” (se) battre de toutes (ses) forces pour assurer que Barack Obama sera notre prochain président “.

Coup de pouce indispensable, mais pas suffisant

A ceux, et surtout celles, qui seraient tenté(e)s de ruminer sur l’injustice du résultat des primaires, elle a intimé de ” ne pas regarder en arrière en se lamentant sur ce qui aurait pu être ” , car ” le temps est trop compté et l’enjeu trop important “. En près d’un demi-siècle, a-t-elle rappelé à l’assistance, les Démocrates ne sont parvenus à remporter que trois présidentielles sur dix, ” et deux l’ont été par l’homme qui est ici à mes côtés “. (Depuis la fin de la présidence Johnson en 1968, Jimmy Carter, en 1976 et Bill Clinton en 1992 et 1996, ont été les seuls Démocrates à avoir été élus présidents). ” Nous ne pouvons pas gâcher cette chance ” . ” Il vous faut vous mobiliser pour Barack Obama avec autant d’enthousiasme que vous l’avez fait pour moi ” a-t-elle conclu, reprenant même à son compte le slogan popularisé par le sénateur de l’Illinois, ” Yes, We Can ! ” (Oui, nous le pouvons !)
En se ralliant spectaculairement et sans ambiguïté à la candidature Obama, Hillary a donné à ce dernier un coup de pouce indispensable, mais pas suffisant. ” Ce n’est qu’un discours, elle n’avait pas d’autre choix pour ne pas apparaître comme une fauteuse de division du parti ” expliquait vendredi soir une proche d’Hillary, qui a contribué à mettre sur pied l’impressionnant réseau féminin qui a fait en partie le succès de sa campagne. ” Mais il va falloir qu’elle pousse directement et personnellement pour que les femmes qui ont soutenu sa candidature basculent derrière celle d’Obama. Pour le moment, je reçois beaucoup d’e-mails de femmes accablées, furieuses ou en deuil qui affirment qu’elles ne soutiendront pas Obama” . Au mieux, ces militantes attendent de voir quelle sera l’attitude (souvent jugée arrogante) du camp Obama envers Hillary et ses proches.

Rencontre discrête

Le ” bloc Hillary “, les millions de femmes de tous milieux qui avaient été le moteur de sa campagne, sont donc soudain devenues les Américaines les plus courtisées du moment. John McCain a déjà entrepris de les séduire, mettant en avant la sécurité qu’il incarne et rendant de vibrants hommages au rôle historique d’Hillary. Barack Obama n’a pas perdu de temps lui non plus, saluant, dès la fin du discours de sa rivale, ” sa campagne courageuse et historique…qui a brisé des barrières, au profit de mes filles et de toutes les femmes ” .
Il ne manque plus une occasion d’invoquer l’influence décisive de sa grand-mère (qui vit toujours à Hawaï), de sa mère et de mettre en avant son épouse et ses deux petites filles. Il avait préparé avec Hillary le ralliement de cette dernière en la rencontrant, en secret et en tête à tête, une heure durant, jeudi soir, au domicile washingtonien de la sénatrice de Californie Dianne Feinstein, une partisane de Clinton. Rien n’a filtré de la rencontre.
Les dirigeants démocrates ont par ailleurs commencé à reconnaître, après avoir nié le problème, le rôle que le sexisme d’une couverture médiatique souvent hostile à Hillary, a joué dans ces primaires. ” Un grand nombre de personnalités de la TV se sont comportées comme des enfants ” a accusé le président du parti, Howard Dean. La sénatrice Feinstein (première femme élue au Sénat en 1992) a elle aussi déclaré que la campagne avait montré que ” le sexisme reste bien ancré dans ce pays ” , et les colonnes des journaux et magazines, en même temps qu’ils dressent la (longue) liste des fautes, erreurs et insuffisances qui ont été la cause principale de la chute d’Hillary commencent à se demander si le sexisme n’est en fait pas plus profond que le racisme dans la société américaine.

Les femmes, l’enjeu déterminant

Hillary elle-même a replacé samedi sa campagne dans la longue histoire de la lutte des femmes pour l’égalité, présentant ses 18 millions de voix comme autant de ” fêlures dans le plafond de verre ” qui interdit aux femmes d’accéder aux plus hautes fonctions. Elle a rappelé, y compris à l’intention d’Obama, qu’elle allait continuer de revendiquer ” l’égalité des chances, des salaires et du respect ” . La priorité de ce dernier est en fait désormais d’éviter une grève des urnes de la part des électrices. Celles-ci sont Démocrates à 44%, et indépendantes à 24%, et elles constituent une base sans laquelle aucun candidat démocrate ne peut espérer être élu. Or elles ont très majoritairement préféré Hillary à Obama dans les primaires.
Outre le mouvement, qui continue, pour qu’Obama propose la vice-présidence à Hillary (hypothèse jugée plus qu’improbable dans l’entourage de celle-ci), on parle d’un rôle pour Chelsea Clinton dans la campagne Obama, ou d’un grand discours sur les problèmes des femmes que le candidat pourrait prononcer, où il pourrait prendre l’engagement d’une parité dans son gouvernement s’il est élu. Seule certitude, dit la sénatrice du Missouri Claire McCaskill (une partisane d’Obama) : ” Nous avons beaucoup, beaucoup besoin d’elles, et nous de devons pas avoir peur de l’admettre “.

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