Conseil de l’ONU des Droits de l’Homme : L’Algérie rejette 3 recommandations
L’Algérie a refusé en séance plénière du Conseil des Nations Unies des Droits de l’Homme l’application de trois recommandations adoptées par le Conseil à cause de leur aspect contradictoire avec la constitution et la charte pour la paix et la réconciliation nationale.
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Le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU et chef de la délégation algérienne présente à la huitième session du Conseil des Nations Unies des Droits de l’Homme, Idriss El Djazairi, a annoncé que l’Algérie refuse l’application de trois résolutions sur un total de 20 résolutions décidées dans le cadre de l’examen périodique global, affirmant que l’Algérie accepte d’en appliquer 17 seulement.
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Idriss El Djazairy a indiqué que les trois recommandations rejetées par l’Algérie concernent la liberté du culte, la politique d’impunité attribuée à la charte pour la paix et la réconciliation nationale ainsi que le dossier des disparus. El Djazairy a toutefois affirmé que l’Algérie demeurait ouverte au débat et fournirait toutes les réponses à d’éventuelles questions formulées par les états membres ou les organisations non gouvernementales.
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Répondant aux commentaires de certains états et ONG, le diplomate algérien affirmera que « l’impunité » imputée à la charte pour la paix et la réconciliation nationale n’a de place dans aucune des dispositions du texte plébiscité par le peuple algérien par voie référendaire, tout en se demandant « quelle légitimité pour ces ONG qui remettent en question le choix souverain de millions d’algériens».
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Le représentant algérien s’est demandé si le droit à la paix pouvait constituer une menace après toutes ces peines et ces larmes. Pour lui, cette hypothèse ne servait que les marchands de la mort, les criminels, les pourvoyeurs du terrorisme et ceux qui se nourrissent des drames d’autrui.
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S’agissant de la gestion du dossier des disparus, le représentant de l’Algérie qualifiera la question de “douloureuse” pour la société algérienne. L’Algérie a pourtant fourni des solutions humanitaires, juridiques et sociales.
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Il expliquera, par ailleurs, que la liberté du culte était régie par des lois relatives à l’exercice de cultes non musulmans en Algérie instaurées pour répondre à un vide juridique suite aux plaintes de plusieurs citoyens qui ont subi des campagnes d’évangélisation acharnées au nom de la liberté du culte.
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El Djazairi a affirmé que les actes visant à la déstabilisation sont l’œuvre de personnes non habilitées et qui ne détiennent pas d’autorisation.
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L’ambassadeur de l’Algérie auprès de l’ONU a, d’autre part, annoncé que l’Algérie est d’accord pour l’envoi de rapporteurs indépendants relevant du conseil de la liberté du culte et des droits de la femme et qu’elle est également prête à recevoir le rapporteur spécial sur la liberté d’opinion et d’expression à n’importe quel moment.
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Intervenant à propos du mécanisme de l’examen périodique universel, El Djazairi a indiqué que cette démarche avait besoin de temps pour se frayer un chemin et que l’acharnement était inutile, rappelant que l’Algérie était l’un des participants à l’élaboration du texte instituant le Conseil.
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Le diplomate algérien s’exprimait lors de “l’examen périodique universel” sur les droits de l’homme, à l’occasion de l’adoption du rapport de l’Algérie par la 8ème session du Conseil onusien des droits de l’homme; un rapport présenté en Avril par le ministre des affaires étrangères Mourad Medelci.