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De Skikda à Israël… l’histoire des “harraga” algériens

الشروق أونلاين
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De Skikda à Israël… l’histoire des “harraga” algériens

En visitant la région d’El Kalaa, distante de 22 kilomètres de Oum Toub, une des plus pauvres régions de la wilaya de Skikda, l’on devine très facilement que l’émigration clandestine peut tenter plus d’un. El Kalaa apparait même comme la capitale des harraga en Algérie.

  • Si chaque famille à El Kalaa comptait jadis un moudjahid ou un chahid parmi ses membres, aujourd’hui, elles comptent davantage ses harraga et l’émigration devient même héréditaire chez certains ! De nombreux habitants de cette région pensent que l’émigration clandestine est légitime, ils en parlent sans honte. Les pères ne rêvent plus de voir leurs enfants devenir médecins ou ingénieurs, ils rêvent plutôt de les voir quitter cet endroit vers l’autre rive et les aident même à y parvenir.
  • Toutefois, les familles Oulbani, Boufarouk et Cherit ont reçu un choc en apprenant que leurs enfants étaient incarcérés en Israël avec la complicité d’un baron grec de la harga !
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  • La famille Oulbani est bien imprégnée de la culture de la harga (émigration clandestine), mais l’incarcération de son fils Abdelaziz à Ramla en Israël constitue une fin tragique pour un jeune qui tentait de rejoindre l’Italie via la Turquie et la Grèce.
  • Les Oulbani vivent dans une modeste baraque. Le père Ahcène n’a aucun mal à parler de ses fils qui se trouvent en Belgique, mais il est rongé par la douleur en évoquant Abdelaziz détenu par les israéliens.
  • Ahcène raconte qu’Abdelaziz était allé en compagnie de son frère travailler chez un privé dans la pâtisserie pour économiser de l’argent et partir en Europe. «Je l’ai même appuyé au mois de novembre 2008 pour son départ par avion en Turquie où il a rencontré ses autres copains qu’Echorouk a cité». Lors de la traversée entre la Turquie et la Grèce, les amis ont caché leur identité pour éviter qu’ils ne soient expulsés en Algérie, et ont choisi de dire qu’ils étaient palestiniens. C’est ainsi qu’un baron grec de l’émigration a remis les jeunes hommes aux israéliens comme présents ou terroristes, appellation que donnent les juifs aux palestiniens.
  • Ahcène n’avait plus de nouvelles de son fils jusqu’à un appel qui disait qu’il était aux mains des israéliens, puis un autre appel dans lequel Abdelaziz a demandé qu’on lui envoie ses papiers par fax pour prouver son identité algérienne. « Il nous appelle de temps en temps sans que nous puissions, nous, l’appeler. Son dernière appel remonte à la semaine dernière…».
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  • Tout comme Abdelaziz, Fouad Boufarouk est né en 1982.
  • Fouad a quitté l’école alors qu’il était en septième année. Son père est simple fonctionnaire et tentait de subvenir aux besoins d’une famille de douze personnes. Il est parti travailler dans le secteur de la construction dans la capitale et a gagné un peu d’argent, mais très vite, il replonge dans le chômage.
  • Son frère ainé Toufik nous apprend que lui-même et tous les membres de la famille l’ont aidé financièrement à organiser son départ clandestin vers l’Europe. Les Boufarouk sont choqués de savoir que leur enfant se trouve chez les israéliens et n’arrivent pas à expliquer ce qui s’est passé. Cependant, le jeune frère de Fouad et un autre Boufarouk, Hamza parlent d’émigrer clandestinement et préparent leur départ. Ils disent ne pas vouloir mourir dans un coin dont personne ne se préoccupe.
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  • Fouad communique avec sa famille, qui n’est pas en mesure de le contacter, en moyenne une fois par semaine. Adel, Fouad et Abdelaziz sont partis séparément, mais sont à présent unis par un même destin.
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  • La famille de Adel Chrait, orpheline du père et composée de 8 membres, a quitté son village situé à 23 kilomètres de Skikda, en quête d’une vie meilleure. Le frère ainé travaillant à Alger subvenait à ses besoins. Adel a touché à tout mais l’allergie dont il souffrait l’a quelque peu immobilisé. Il se rend à Alger ne pensant qu’au moyen de rejoindre ses copains en Grèce pour ensuite se rendre en Italie. Mais il a fini par se retrouver aux mains des sionistes par la traitrise d’un passeur grec. Sa famille a chargé un émigré en Belgique, de la famille d’Abdelaziz, de faire parvenir les documents de leur fils à l’entité israélienne ainsi qu’à la Croix Rouge et au croissant rouge.

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