Des jeunes pour surveiller les lieux de prière : Les mosquées de Berriane…sûres!
المسجد العتيق ببريان -تصوير: ح م
Une délégation d'Ibadhites et de Malikites s'est déplacée, hier à l'antique mosquée du quartier Semahi à Berriane dans la wilaya de Ghardaïa, pour s'enquérir de son état. Il est apparu que cette mosquée n'a pas été touchée par les saccages qui ont caractérisé les derniers incidents à Berriane, ni aucune autre d'ailleurs.
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Les notables de Berriane ont affirmé hier à Echorouk Al Yaoumi que dès le début des affrontements, des jeunes des deux principaux rites de la vallée du Mzab ont été chargés de surveiller et de veiller à la sécurité des mosquées et des lieux de culte. Aucune atteinte n’a été portée à ces lieux, sachant que quiconque y aurait touché aurait été sévèrement puni quelque soit son appartenance confessionnelle.
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Les jeunes ont eux aussi affirmé que les mosquées de Berriane étaient “sûres”, quinze jeunes s’attèlent à les surveiller, en plus du dispositif sécuritaire qui a encore été renforcé ces deux derniers jours, par la police et la gendarmerie.
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Des témoins sur place ont affirmé que le calme revenait graduellement dans les quartiers de Berriane et les inquiétudes de voir d’autres affrontements éclater lors de l’enterrement avant-hier du jeune Saifia Merouane ont été dissipées.
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Une source sécuritaire est venue confirmer hier à Echorouk que la situation était maîtrisée et qu’aucun incident n’a été enregistré.
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Boubkeur Saleh, élu à l’APW de Ghardaia:Les incidents de Berriane ne sont pas idéologiques
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L’élu du parti Nahda à l’assemblé populaire de la wilaya de Ghardaïa, Boubkeur Saleh, a affirmé à Echorouk que ce qui se passe à Ghardaïa n’est pas un conflit entre Ibadhites et Malikites, mais un conflit d’intérêts et de tribus. Il a tenu à souligner que les imams des deux rites n’avaient rien à voir avec les dissensions qui déchirent la localité de Berriane et que les responsables locaux avaient mal géré la crise avec comme logique “la sensibilité de la région”.
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- Question: Est-il possible d’expliquer la situation réelle à Berriane?
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Réponse: Je pense que des erreurs ont été commises dans la gestion de la crise lors des premiers incidents et c’est ce qui a fait que les affrontements se renouvellent.
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Le wali a géré en prenant en considération la sensibilité de la région et il n’a pas permis l’arrestation des personnes impliquées pensant que cela engendrerait d’autres incidents plus graves. Je n’adhère pas personnellement à cette logique erronée car la loi doit être appliquée, les auteurs auraient du être arrêtés pour répondre des faits quelque soit leur appartenance confessionnelle. La “fratrie” formée lors des premiers incidents n’avait pas non plus de crédibilité, la population n’ayant pas confiance en certains de ses membres. Nous n’écartons pas non plus que les dernières élections locales, qui ont porté le RCD à la tête de la commune, ont créé une inquiétude relative aux intérêts.
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Q: Selon vous, ce n’est pas un conflit d’origine doctrinale…
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R: Les rites Ibadhite et Malikite cohabitent dans la paix. Les incidents n’ont pas été motivés par des questions confessionnelles ou de Fiqh entre les imams des deux rites. Ibadhites et Malikites ont des rapports commerciaux et économiques. D’ailleurs, lors des premiers incidents, la nuit du Mawlid Ennabaoui, une délégation de la Maison du Hadith de Tlemcen relevant de l’Association des Ulémas Musulmans Algériens était en visite amicale chez les Ibadhites de Berriane et à son départ, elle a exprimé son soutien et s’est dite désolée des évènements.
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Durant les incidents, les Cheikhs de la Zaouia Kadiria de Ouargla et les sages de Laghouat se sont unis avec les Ibadhites pour trouver une issue à la crise.
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Les incidents ont, par contre, un intérêt matériel et ont été provoqués par une conjoncture alimentée par la crise du logement, le chômage, la distribution de terrains et les projets de développement. Ces facteurs ont créé la discorde entre les jeunes et je tiens à dire que les imams n’ont absolument rien à voir avec les incidents.
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Q: Le ministère de l’intérieur a évoqué des “cagoulés”, auteurs de violence dans la ville. Avez-vous la moindre idée de leur l’identité?
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R: La sauvagerie qui a caractérisé les incidents suggère l’existence d’un élément externe qui a exploité la fougue des adolescents. Je signalerais que l’extrémisme est présent dans les rangs des deux antagonistes et l’enquête menée par les services de sécurité parviendra à démasquer les coupables. C’est les vrais coupables qui doivent être arrêtés et non pas les jeunes qui ont été manipulés.
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Nous devons aujourd’hui nous occuper de “l’après crise”, notamment des candidats au baccalauréat et j’appelle à cet effet le ministère de l’éducation nationale à prendre les mesures adéquates pour ces jeunes qui ont quitté les bancs de l’école depuis le 19 mars dernier. Berriane doit être déclarée zone sinistrée et les conséquences de la crise doivent être prises en charge.