Détournement de 1000 milliards destinés à la subvention du lait
Une enquête menée par l’Inspection générale des finances (IGF) sur ordre du Premier ministre s’est soldée par l’accusation de certains grands producteurs de lait en sachets d’amasser des sommes d’argent faramineuses. Ces « prétendus » producteurs détournaient l’argent consacré par l’État à la subvention du lait en poudre depuis plusieurs années. Une partie de cet argent a été transférée dans des comptes en devises à l’étranger.
Les résultats de l’enquête ont été mentionnés dans un rapport de l’IGF qui a été remis au Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Ce rapport porte sur les responsables de la société Liko Monlait, spécialisée dans la production de lait et de ses dérivés. L’enquête menée sur ordre du Premier ministre a conclu que les responsables de cette société ont détourné environ 30 millions de dollars de l’argent consacré par l’ État pour la subvention du prix de la poudre de lait. L’argent détourné a été transféré en plusieurs étapes dans des comptes en Suisse. Les mis en cause revendaient d’importantes quantités de poudre de lait qu’ils achetaient à l’Office national interprofessionnel de lait (Onil) et qu’ils revendaient au marché noir, notamment pour les producteurs des différents produits laitiers tels que le yaourt, fromage, beurre etc. La poudre de lait achetée à l’Onil est revendue telle quelle et cela en contradiction avec la réglementation exigeant des bénéficiaires de cette poudre subventionnée de la transformer en lait en sachet destiné au marché national.
Selon le rapport de l’IGF, les activités de cette société ont fait perdre à l’économie nationale environ 1000 milliards de centimes. Par ailleurs, le rapport en question a étendu le cercle des accusés pour inclure de hauts responsables à la direction des impôts d’El-Harrach et de Rouiba qui régularisaient les opérations financières de la société et d’autres responsables à la Banque de développement local (BDL) de Hussein-Dey au niveau desquelles a été mis l’argent de Liko Monlait. En plus des ces responsables, le rapport accusent des cadres des douanes algériennes qui auraient facilité à la société de mener ses activités illégales.
Pour couvrir le transfert illégal de sommes d’argent astronomiques vers l’étranger, les responsables de Liko Monlait ont monté de toutes pièces des opérations « fictives » d’importation. Pour mener à bien leur sale besogne, ils multipliaient des fois par 6000 le prix des produits importés. Pour couvrir leurs activités illégales, les mêmes responsables ont créé deux entreprises « fictives ». La première appelée Tonimax qui s’occupait d’écouler la poudre de lait subventionnée par l’État aux producteurs de yaourt et de fromage contre des sommes faramineuses. Ces dernières sont éjectées dans la deuxième entreprise appelée Beidalait qui s’occupait quant à elle de les transférer illégalement vers l’étranger en montant de toutes pièces des opérations fictives d’importation avec des factures gonflées, selon le rapport de l’IGF.