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Deutsche Telekom dans la tourmente après une affaire d'espionnage

الشروق أونلاين
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Les appels téléphoniques passés par des membres du conseil de surveillance ont été recensés en 2005 et 2006 pour tenter d'élucider des fuites vers la presse. Le patron de l'opérateur tente de rassurer les abonnés.

  

 

 

Les données personnelles de nos millions de clients dans le fixe et le mobile sont en sécurité », assurait, hier matin, René Obermann dans les colonnes du quotidien populaire « Bild », lu par plus de 11 millions d’Allemands. Mais le patron de Deutsche Telekom a, pour le moment, bien du mal à convaincre ses concitoyens, pour le moins choqués par un tonitruant scandale d’espionnage dont se serait rendu coupable le premier opérateur du pays.

Le week-end dernier, la presse d’outre-Rhin a en effet révélé qu’en 2005 et 2006, c’est-à-dire avant l’entrée en fonction de René Obermann, Deutsche Telekom a chargé une « société de conseil » de recenser les appels téléphoniques de plusieurs membres du conseil de surveillance de la société. A commencer par ceux passés ou reçus par les représentants du personnel. Les numéros composés étaient notés, mais les conversations elles-mêmes n’auraient pas été écoutées.

Certains dirigeants de l’opérateur télécoms étaient, à l’époque, ulcérés par le nombre de fuites qu’obtenaient divers journalistes sur leurs orientations stratégiques, notamment au sujet d’un plan de réduction drastique des effectifs. René Obermann, arrivé à la tête de l’entreprise en novembre 2006 en remplacement de Kai-Uwe Ricke, a saisi le parquet de Bonn à la mi-mai. Il s’agit désormais de définir les responsabilités de chacun dans cette affaire, qui fait la une de tous les médias.

Pour le « Handelsblatt », l’ancien président du conseil de surveillance, Klaus Zumwinkel, serait particulièrement en cause. L’ancien patron de la Deutsche Post a quitté cet hiver l’instance de contrôle, en même temps qu’il a abandonné la direction de la Poste allemande, après avoir été pris dans les filets des autorités dans une affaire d’évasion fiscale vers le Liechtenstein.

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René Obermann, qui était membre du directoire au moment des faits, a promis hier « des conséquences sévères » pour les personnes impliquées. Il aura toutefois fort à faire pour restaurer la confiance des abonnés. Le ministère des Finances, qui détient 32 % du capital de l’opérateur pour le compte de l’Etat, a lui-même évoqué « une grave atteinte à la confiance ».

Deutsche Telekom n’avait vraiment pas besoin de cette nouvelle affaire. Critiqué pour la médiocrité de ses services et la lenteur de ses interventions, le groupe affronte depuis deux mois quelque 17.000 petits actionnaires devant le tribunal de grande instance de Francfort. Les petits porteurs accusent la société d’avoir publié un prospectus erroné lors de la mise en Bourse d’une troisième tranche de son capital, en 2000. Depuis le début de l’année, l’action de l’opérateur a perdu 27 % à la Bourse de Francfort. Deutsche Telekom doit également faire face à un exode massif de ses abonnés sur lignes fixes : il en a perdu près de 600.000 au cours du premier trimestre 2008.

Le nouveau scandale a pris d’autant plus d’ampleur que d’autres sociétés allemandes ont été récemment accusées d’avoir espionné leurs salariés, à l’instar du discounter Lidl. Pour des raisons historiques, les citoyens allemands sont traditionnellement très attentifs au respect des libertés individuelles

 

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