Djaballah: « Le système est prêt à recourir à une fraude électorale en 2014 »
« Les élections en Algérie ne sont jamais un outil de changement, mais un outil de blanchissement des pratiques du pouvoir », a déclaré Abdallah Djaballah au forum d’Echorouk.
Abdallah Djaballah a dit qu’il y aurait probablement un seul candidat à la présidentielle de 2014 issu de l’opposition.
Quant à lui, il a dit que le boycott des prochaines élections présidentielles de 2014 est envisageable. « Quant à moi, le boycott est envisageable, car le changement ne se fait pas par les élections. Concernant la participation aux élections de 2014 ou non, le dernier mot revient au majlis echoura », nous a-t-il confié.
« Est-ce un tel pouvoir qui refuse de faire concession d’une mairie à la crête d’une montagne, fasse concession du palais de El Mouradia ? », s’est il interrogé, avant de noter que le régime en place est prêt à recourir à une fraude électorale (2014), dont le lobby qui prend les commandes en main s’oppose à tout changement.
Celui-ci, est après tout la volonté du peuple qui aspire à un changement effectif.
« Le changement se fera, malgré la mainmise du régime en place », a-t-il dit.
L’invité de Echorouk a tenu à affirmer que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika pourrait se présenter encore aux prochaines échéances électorales de 2014, s’il sera à ce rendez-vous comme il l’est aujourd’hui.
Djaballah a également affirmé que l’ensemble des locataires du palais d’El Mouradia, étaient désignés sur ordre de l’appareil militaire.
Celle-ci, a d’ailleurs connu une crise qui a atteint son paroxysme lors des élections présidentielles de 2004, au sujet du candidat à soutenir entre Benflis et Bouteflika, selon l’interlocuteur.
Finalement le choix s’est porté sur ce dernier, une semaine avant le début de la campagne électorale, a-t-il ajouté.
Le changement ne s’opère que lorsque le peuple arrive à un stade où il ne peut plus supporter le pouvoir et manifeste ainsi son franc refus au régime en place, a-t-il expliqué.
De ce fait, il appelle toutes les forces vives du pays à continuer leur combat et à ne pas se lâcher: « La non-décision du peuple, la division de la classe politique font que l’appareil militaire est le seul décideur du futur président de la République », a-t-il dit.
« Qui a imaginé qu’un jour, les peuples tunisien et syrien sortent dans la rue pour exprimer leur détresse, après de longue années de règne de Bourguiba, Ben Ali et Hafedh Al-Assad ? Si le régime en place pense, qu’après sa mainmise exercée sur les institutions de l’Etat trois décennies durant, que le changement ne se fera pas, il a tort. Même s’il (pouvoir) a pu écarter devant lui le courant islamique… le changement verra le jour », a-t-il ajouté d’un ton confiant.
« Le remaniement ministériel, de la poudre aux yeux et consécration de la médiocrité et de l’échec »
Abdallah Djaballah considère que le remaniement ministériel opéré récemment n’est que de la poudre aux yeux, en accusant également tous les partis politiques pro-régime et les mass-médias ayant participé à ce remaniement qui ne traduit guère la volonté du peuple.
« Que va-t-il apporter au peuple, un ministre qui a occupé son poste 14 ou 15 ans durant ? », s’est-il interrogé.
« Il n’y a pas de changement de démocratique dans le pays, mais il y a plutôt un système despotique à une façade démocratique », a souligné le président du Front pour la justice et le développement (FJD).
S’agissant de la désignation d’un personnage technocrate à la tête du Premier ministère (Sellal), Djaballah s’est posé la question: « Si les élections législatives étaient réellement transparentes et si les résultats ont traduit la volonté du peuple, le parti ayant obtenu le majorité des voix à ce rendez-vous, accepte-t-il vraiment ce gouvernement ? ».
L’invité a nié toutefois, qu’il y ait de parties de l’opposition dans ce nouveau gouvernement installé par le chef de l’Etat, en affirmant que tous les partis ayant pris part à ce gouvernement sont pro-pouvoir.
« Ouyahia, l’enfant prodigue du pouvoir…»
Au sujet de l’ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui ne fait pas parti du nouveau gouvernement, Djaballah a dit que « Ouyahia est l’enfant prodigue du pouvoir, et ce dernier ne se débarrassera pas des enfants prodigues ».
« Peut être que je me trompe, mais à mes yeux, le pouvoir ne trouvera pas quelqu’un qui pourra accomplir les missions comme le faisait Ahmed Ouyahia », a dit Djaballah.
Et Djaballah d’ajouter: « Bien que Sellal est aussi un enfant du pouvoir, mais il n’est pas si audacieux qu’Ouyahia ».
Ghlamallah a donné une instruction aux imams de ne pas parler du film anti-islam
Le président du Front pour la justice et le développement (FJD) a dit que le ministre des Affaires religieuses, Bouabdallah Ghlamallah avait donné de strictes instructions aux imams de ne pas parler du film qui porte atteinte au Prophète (QSSSL), lors de la prière du vendredi dernier, de crainte d’aviver la colère des citoyens.
Selon Djaballah, il n’y a qu’une toute petite minorité des imams qui n’ont pas respecté cette instruction, lesquels ont parlé lors du prêche de vendredi de ce film.