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Du nouveau dans l'affaire des voitures ZH: 4 mille voitures entrées en Algérie sans numéros de série

الشروق أونلاين
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La tribunal de Sidi M'hamed a programmé l'affaire des voitures ZH après dix années d'enquête à l'issue desquels la justice a réussi à résoudre quelques énigmes de l'affaire qui a tenu l'opinion publique en haleine au début des années quatre-vingt-dix.      Pas moins de 156 personnes sont impliquées; elles font partie du réseau de trafic de voitures dites ZH. L’affaire avait éclaté suite à la plainte que les douanes algériennes avaient déposée auprès de la justice, après avoir mis la main sur près de 150 véhicules au port d’Alger.  Tout a commencé au début des années quatre-vingt-dix lorsque les services des douanes ont saisi 150 véhicules immatriculés ZH en référence à la ville suisse de Zurich. Ces véhicules qui avaient été mis en circulation depuis dix ans ont été saisis car ne disposant pas de cartes grises. Sauf que plusieurs dizaines de voitures étaient déjà sorties faisant découvrir aux algériens les voitures ZH, appelées aussi Taiwan. Il n’a pas fallu longtemps pour que ces voitures soient arrêtées dans différentes villes du pays.  Ce qui est encore plus extraordinaire, c’est que plusieurs propriétaires de ces véhicules ont réussi à obtenir les cartes grises de leur voiture qui ne comportait même pas un numéro de série. Le nombre de ZH qui avait investi les rues est d’environ 1500. Les algériens étaient sous le charme en raison des prix abordables de ces véhicules d’autant plus que l’état avait alors ouvert le marché aux concessionnaires automobiles pour distribuer différentes marques mondiales dont les prix ne suscitaient pas beaucoup d’enthousiasme. Le chiffre qui avait été donné à l’époque par les services des douanes était loin de la réalité sachant que le directeur général du port d’Alger Ali Ferrah avait demandé aux pouvoirs publics de faire sortir 500 véhicules en souffrance au port depuis un bon moment. L’opinion était surprise ensuite de l’entendre déclarer que 1500 voitures ZH avaient été sorties du port après leurs dédouanements. L’ex DG du port ne s’arrêtera pas là: dans une émission télévisée, il parlera de 4 mille véhicules ZH en souffrance au niveau du port d’Alger.  Qui est derrière la commercialisation des voitures ZH ?  En 1990, les autorités suisses ont décidé de se débarrasser du parc automobile vétuste qui comprenait notamment 40 mille véhicules dont la mise en circulation avait dépassé les dix années. Un concessionnaire agréé à Zurich a voulu commercialiser ces voitures intactes ou en pièces détachées. L’opérateur découvre alors l’ouverture du marché algérien à la commercialisation des véhicules européens avec une loi en Algérie qui à l’époque ne limitait pas l’âge des véhicules importés.  Cette affaire a coïncidé avec le scandale de la commercialisation des 1400 voitures “limousines” rares en Europe mais dont 364 ont été découvertes en circulation en Algérie. Une enquête approfondie avait permis de remonter jusqu’en France et de découvrir un réseau de trafic où étaient impliqués des agents des douanes françaises qui dédouanaient chaque voiture à 8000 francs français et dont les numéros de série étaient falsifiés. Cet épisode avait laissé croire à l’opérateur suisse que le marché algérien était idéal pour ses voitures. Effectivement, les voitures ZH ont trouvé preneur en Algérie. Après la découverte du pot aux roses, plusieurs agents des douanes avaient été suspendus ainsi que des cadres occupant des postes importants à la sous direction des douanes, tandis que les gros bonnets restaient à l’abri des suspicions. Dans cette affaire, l’enquête a duré dix années, durant lesquelles trois juges d’instruction se sont succédés, en raison du grand nombre de personnes impliquées. L’enquête s’est étendue à des responsables dans les circonscriptions administratives qui ont délivré des cartes grises à des véhicules qui n’avaient pas de numéro de série. Le procès qui s’ouvrira au début du mois de juin au tribunal de Sidi M’hamed à Alger mettra la lumière sur bien des points d’ombre et sur les personnes impliquées qui occupaient des postes de responsabilité à l’époque, d’autant plus que la présence des accusés est requise au tribunal.

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