Ehud Barak se retire de la vie politique
Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak annonce son retrait de la vie politique. Il ne sera pas candidat aux législatives anticipées de janvier prochain.
L’annonce intervient au 5e jour du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza. En expliquant sa décision surprise ce lundi matin 26 novembre, Ehud Barak s’est contenté de dire qu’il voulait passer davantage de temps avec sa famille. Portrait.
Agé aujourd’hui de 70 ans, Ehud Barak est le soldat le plus décoré de l’histoire d’Israël. Une carrière militaire commencée dans les commandos d’élite de la célèbre unité Sayeret Matkal. En 1972, Ehud Barak, déguisé en mécanicien participe l’arme à la main à l’assaut d’un avion de ligne détourné par des pirates de l’air palestiniens, sur l’aéroport de Tel-Aviv. Ce jour-là il a sous ses ordres un autre jeune soldat : Benyamin Netanyahu.
Quelques années plus tard, c’est sous un déguisement de femme qu’Ehud Barak participe à l’élimination de plusieurs dirigeants de l’OLP à Beyrouth au Liban. Le militaire gravit les échelons de l’armée israélienne, il devient général puis en 1991, chef d’état-major. Dans les années 90, il range l’uniforme et entre en politique, au Parti travailliste.
En 1999, il devient Premier ministre et décide alors du retrait unilatéral de l’armée israélienne du sud du Liban. Il représente son pays à l’été 2000 lors des négociations de Camp David qui visent, sous les auspices de Bill Clinton, à sauver le processus de paix au Proche-Orient. Le début de la Seconde Intifada palestinienne quelques semaines plus tard lui coûtera son poste l’année suivante. Il se retire alors une première fois de la vie politique.
De retour à la tête du Parti travailliste en 2007, Ehud Barak occupe le poste de ministre de la Défense, dans plusieurs gouvernements successifs, d’abord sous Ehud Olmert puis sous Benyamin Netanyahu. Lors des dernières législatives en 2009, son parti a enregistré son plus bas niveau historique avec seulement 13 députés à la Knesset (sur un total de 120).
En janvier 2011, Ehud Barak crée déjà la surprise en annonçant qu’il quitte le Parti travailliste et qu’il crée sa propre formation : Haatsmaout (« Indépendance » en hébreu). Il reste alors au gouvernement alors que les travaillistes, eux, quittent la coalition, plus affaibli que jamais.
Ehud Barak est un dirigeant israélien auquel on a souvent prêté ces dernières années le projet d’attaquer les installations nucléaires de l’Iran. Il a aussi occupé le poste de ministre de la Défense durant les deux dernières opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza : « Plomb Durci » en 2008-2009 et « Pilier de Défense » qui a pris fin la semaine dernière avec une trêve, qui dure jusqu’à présent. Ces derniers jours, la cote de popularité d’Ehud Barak était en hausse.
En annonçant qu’il ne sera pas candidat aux législatives de janvier, Ehud Barak ne s’interdit pas de revenir aux affaires. En effet, en Israël un Premier ministre peut choisir certains membres de son gouvernement hors des rangs des députés.