Haftar tourne le dos à Alger!
L’homme fort de la Libye, le maréchal Khalifa Haftar a mis des bâtons dans les roues des autorités algériennes qui ont lancé une initiative dans l’espérance de réconcilier les belligérants libyens.
Pourtant, quelques signaux positifs ont commencé à se profiler.
Le maréchal Haftar qui a effectué sa première visite en Algérie le 18 décembre dernier a nié toute intention de s’asseoir à la même table au côté de Fayez Al Sarraj, chef du gouvernement libyen d’entente nationale, qui s’est rendu au pays le 25 du même mois.
Le chef de l’« armée libyenne » a affirmé dans un entretien accordé au journal italien, « Corriere della sera », qu’il n’existait pas de signes d’une éventuelle reprise des négociations avec le gouvernement Al Sarraj, soutenu par l’ONU. Une déclaration qui semble en contradiction avec les motifs de sa visite effectuée récemment à Alger ainsi que les efforts déployés par la communauté internationale.
Il convient de rappeler que l’Algérie, soucieuse de réunir les différentes parties libyennes autour d’une même table dans l’espoir de trouver une issue à la crise qui secoue ce pays, a accueilli trois personnalités influentes en Libye, dont Haftar.
En effet, cet officier supérieur a envie de se procurer du soutien auprès des autorités algériennes en faveur d’importation des armes. Une demande à laquelle les officiels algériens ont émis des réserves, ce qui l’aurait irrité et finit par tourner le dos à l’Algérie pour la Russie!
D’ailleurs, ce serait une aubaine pour cette dernière qui cherche à trouver place en Libye et rééditer son « succès stratégique » en Syrie aux côtés des forces de Bachar Al-Assad.
D’après une source diplomatique, Alger a organisé une rencontre entre Fayez Al Sarraj et Haftar, qui prend le contrôle de vastes zones à l’est de la Libye ainsi qu’un certain nombre de champs pétroliers, dans le but de mettre un terme à l’effusion de sang dans ce pays et de former un gouvernement d’union nationale, mais les propos de ce dernier risquent de saborder l’initiative et ne laisser aucune chance de son aboutissement.
Justifiant sa position, il a dit que les pourparlers engagés depuis deux ans et demi avec Al Sarraj n’ont débouché, selon lui, sur «aucun résultat encourageant», optant ainsi pour l’option de la guerre rejetée par l’Algérie et la communauté internationale.
« Lorsque nous battions les extrémistes, nous pourrions reprendre les négociations autour de la démocratie et les élections. Mais, pas de si tôt», a-t-il déclaré à Corriere della sera, sachant que ses forces ne sont toujours pas parvenues à libérer entièrement la ville de Benghazi après plus de 24 mois de lutte acharnée.