Ibrahimi: «Pas de Maghreb sans l’ouverture des frontières algéro-marocaines»
L’ancien ministre des Affaires étrangères, Lakhdar Ibrahimi a plaidé pour l’ouverture des frontières entre l’Algérie et le Maroc, estimant que les différends entre les deux pays voisins constituent un sérieux obstacle pour la construction de l’Union maghrébine.
S’exprimant dimanche lors d’une conférence animée à l’Ecole supérieure de police « Ali Tounsi » à Alger ,à l’occasion de la célébration des Evénements du 11 décembre, l’ancien chef de la diplomatie algérienne a soutenu que « l’Algérie et le Maroc doivent laisser leurs différends de côté et développer leurs relations économiques ».
Pour ce faire, Ibrahimi a plaidé pour l’ouverture des frontières fermées depuis 1994, estimant qu’ « on ne peut parler d’un Maghrébine arabe uni sans l’ouverture des frontières entre l’Algérie et le Maroc ».
Par ailleurs, le diplomate algérien regrette le fait que « plus d’un projet de coopération bilatérale d’envergure algéro-marocain avait été bloqué, notamment en termes de développement des économies de frontière à travers l’exécution des mesures de complémentarité économique. Le train de l’Union maghrébine a été empêché de démarrer à l’heure prévue pour orienter les pays de l’Afrique du nord vers des partenariats avec des organisations régionales, à l’image de l’Union européenne (UE) et du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) », exhortant ainsi Alger et Rabat à s’inspirer de l’expérience entre l’Inde et la Chine ayant su surmonter leurs querelles.
L’ancien médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe en Syrie a mis par ailleurs en garde contre la guerre déclarée entre chiites et sunnites dans le monde arabe, affirmant qu’elle ne serait pas loin du Maghreb et d’Algérie, si des mesures n’étaient pas prises pour mettre fin à ce phénomène et sanctionner ceux qui sont à l’origine.
Revenant sur ce qui est appelé le « Printemps arabe », Brahimi a dit: « J’avais soutenu le printemps arabe au début car les peuples réclamaient le changement pacifique, mais ensuite j’ai changé d’avis puisque des groupes organisés ayant pour but de détruire, désunir s’en étaient emparé».