La grève dans le secteur de l’éducation amorce une phase critique
La grève dans le secteur de l’éducation nationale était hier à son sixième jour. Les établissements scolaires étaient paralysés dans nombre de wilayas, et le mouvement, rejoint par les fonctionnaires des corps communs a touché huit directions de l’éducation. Pourtant, la justice s’est prononcée et sa décision il y a trois jours ordonnait l’arrêt immédiat de la grève suivant la plainte déposée par le ministère de l’éducation nationale. Les syndicats grévistes ont affirmé n’avoir pas été avisés au sujet de cette décision.
- Le président de l’Union Nationale des Personnels de l’Education et de la Formation, Sadek Dziri, a indiqué à Echorouk que la grève se poursuivait et a enregistré un large taux de suivi qui a dépassé les attentes. Selon lui, le syndicat n’a pas été informé de la décision de justice qu’il a découverte dans la presse. «Tant que nous n’avons pas été officiellement avisés, nous continuons notre mouvement», a-t-il ajouté.
- Notre interlocuteur dit s’étonner du silence du gouvernement envers des revendications légitimes. «Supposons que le dossier des indemnités soit clos, qu’en est-il des deux autres dossiers. Le spectre de l’année blanche plane, ce qui nécessite l’intervention rapide du gouvernement… Les menaces et les pressions ne constituent pas une solution… Nous demandons la concrétisation des résultats de la commission conjointe».
- Commentant les déclarations de la Fédération des associations des parents d’élèves, Dziri dira qu’il n’y a aucun inconvénient à rencontrer la fédération. «Nous n’avons refusé aucune rencontre avec l’association des parents d’élèves et nous affirmons d’ailleurs aux parents d’élèves que nous sommes prêts à échanger nos points de vue avec eux. Les élèves sont tous les nôtres et sont nos enfants, et nous leur disons d’utiliser tout ce qu’ils ont pour dépasser la crise et faire pression sur le gouvernement en vue d’établir un dialogue sur les deux dossiers restants afin de les finaliser».
- Pour le président de l’UNPEF, le ministère de l’éducation tente d’induire l’opinion publique en erreur, en disant que la scolarité se poursuit normalement, avec des sujets d’examen établis depuis l’an dernier. Il reconnait toutefois les avancées du ministre dans les négociations sur les trois dossiers sujets de revendications. Il précise que les syndicats n’ont rien contre le ministre, mais qu’ils sont en colère contre la situation de l’enseignant et la précarité dans laquelle se débattent les membres de la famille éducative.
- L’UNPEF appelle par ailleurs à accélérer la publication du régime indemnitaire pour les fonctionnaires des corps communs qui ont bénéficié d’une augmentation allant de 570 à 1201 dinars pour l’échelon 12 d’un fonctionnaire à la veille de sa retraite. Il souligne la nécessité de prévoir une prime spéciale.