La journaliste irano-américaine détenue en Iran en grève de la faim
La journaliste irano-américaine Roxana Saberi, condamnée à huit ans de prison pour espionnage en Iran, est en grève de la faim depuis cinq jours, a déclaré son père à l'AFP samedi.
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“Elle a commencé (une grève de la faim) et aujourd’hui (samedi) est le cinquième jour”, a déclaré Reza Saberi.
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Roxana Saberi, 31 ans, a été jugée à huis clos le 13 avril puis condamnée par un tribunal révolutionnaire de Téhéran pour “espionnage” au profit notamment des Etats-Unis, ennemis jurés de l’Iran avec Israël. “Son avocat a interjeté appel de cette condamnation aujourd’hui”, a
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poursuivi le père de la journaliste.
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Au moment de sa condamnation, son père avait affirmé qu’elle avait été incitée par les enquêteurs à faire de faux aveux contre l’engagement, non tenu, d’être rapidement libérée.
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La journaliste est détenue depuis la fin janvier à la prison Evine, dans le nord de la capitale. Elle aurait initialement été arrêtée pour avoir acheté de l’alcool, ce qui est illégal dans la République islamique.
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Mardi, le porte-parole de la justice iranienne, Ali Reza Jamshidi, avait dit espérer que la cour d’appel révise sa condamnation.
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Ces déclarations faisaient suite à celles du président Mahmoud Ahmadinejad et du chef du pouvoir judiciaire, l’ayatollah Mahmoud Hachémi Shahroudi, qui ont demandé à la justice d’accorder toute l’attention nécessaire à la procédure d’appel.
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M. Ahmadinejad a appelé au “respect de la justice et à l’exactitude dans l’examen des accusations” alors que l’ayatollah Shahroudi a ordonné que l’affaire soit traitée “en appel de façon juste, précise et rapide”.
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La chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, avait exprimé l’espoir que “ces déclarations conduiront à des actes”. “Nous pensons qu’elle devrait être libérée immédiatement, que les accusations à son encontre sont sans fondement et qu’elle a été soumise à un processus opaque, imprévisible et arbitraire”, a-t-elle ajouté.
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“La justice iranienne est indépendante”, a commenté samedi le porte-parole du gouvernement Gholam Hossein Elham. “La justice agira en fonction des lois et en tenant compte des recommandations du président”, a-t-il toutefois ajouté.
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La journaliste est née et a été élevée aux Etats-Unis. Elle est Iranienne par son père, devenu citoyen américain. L’Iran ne reconnaît pas le principe de la double nationalité.
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Elle a collaboré avec la radio publique américaine NPR, la BBC et la chaîne américaine Fox News.
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Elle était installée en Iran depuis 2003. Selon les autorités, sa carte de presse lui avait été retirée en 2006.
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Plusieurs Irano-Américains ont été détenus en Iran ces dernières années sur des accusations d’atteinte à la sécurité nationale. Mais aucun n’est passé en jugement et tous ont finalement pu quitter le pays.
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Téhéran a exclu que la journaliste bénéficie d’un accès consulaire de la Suisse, pays qui représente les intérêts américains en Iran.