La liberté de la presse au menu de la “Francophonie”
La liberté de la presse, avec en filigrane l'affaire des caricatures religieuses, a suscité de vifs débats lors de la rédaction du document final du sommet de la Francophonie à Québec, a indiqué le secrétaire d'Etat belge aux Affaires étrangères Olivier Chastel.
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“Le texte de la présidence (ndlr: canadienne) disait « garantir la liberté de la presse en oeuvrant notamment à la sécurité et à la protection des journalistes”, a expliqué M. Chastel interrogé sur les sujets qui avaient posé problème.
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“L’Egypte voulait ajouter « en interdisant tout appel à la haine raciale ou religieuse qui constitue une incitation à l’hostilité et à la violence ». On voit à quoi ça fait référence et pour nous c’est inacceptable”, a-t-il ajouté, citant la publication de caricatures du prophète Mahomet ( QSSL) qui ont provoqué des protestations et des violences dans le monde musulman.
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“Sur la liberté de la presse, l’Egypte a fait un combat d’arrière-garde pour amender ce paragraphe”, a également critiqué un autre délégué qui a préféré conserver l’anonymat.
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“Dès qu’on évoque la nécessité de préserver l’intégrité physique des journalistes, certains nous disent: « aujourd’hui un peu n’importe qui est journaliste, il faut mieux les former. In fine, il faudrait qu’ils soient conscients qu’on n’écrit pas n’importe quoi”, a expliqué M. Chastel.
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“Le pays le plus volontaire en la matière était l’Egypte mais il a été suivi par bon nombre de pays. C’est assez inquiétant”, a estimé M. Chastel.
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La délégation égyptienne n’avait pas pu être jointe dimanche au sommet.
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Selon le projet de déclaration finale du sommet, les Etats et gouvernements membres de la Francophonie s’engagent à “garantir la liberté de la presse dans notre espace et au-delà, et assurer une meilleur protection des journalistes, dans le respect des lois et textes internationaux”.