La réconciliation nationale au coeur de la présidentielle
La réconciliation nationale mise en place pour tourner la page d'une décennie de violences terroristes reste au coeur de la campagne électorale pour la présidentielle du 9 avril en Algérie.
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Quelque 150.000 personnes ont péri dans les années 1990 durant la “décennie noire”, selon des chiffres officiels, et des milliers sont toujours portées disparues.
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Le président sortant Abdelaziz Bouteflika, a réaffirmé son engagement à poursuivre la politique de réconciliation qu’il a initiée en 1999 en organisant un premier référendum sur la “Concorde civile” qui a entraîné la reddition de milliers de terroristes.
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Il s’agissait pas d’effacer “d’un revers de main les responsabilités de la tragédie nationale” mais de “dépasser une situation qui menaçait de faire imploser toute la nation”, a affirmé M. Bouteflika.
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A Tlemcen, son fief de l’ouest algérien, il a cependant posé des limites, dénonçant “ceux qui ont détruit le pays et qui ne se gênent pas pour demander qu’ils soient indemnisés maintenant que la situation se normalise”.
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“Je ne peux imposer au peuple d’accepter votre retour dans la société” car “le peuple est le seul” à pouvoir “vous accorder une plus grande réhabilitation”, a-t-il dit à s’adressant aux repentis, dont beaucoup sont privés de leurs droits civiques.
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De son coté le candidat Mohamed Saïd (Parti de la justice et liberté, PJL) est également partisan de la réconciliation nationale: c’est “un acquis stratégique que nous devons tous préserver”, a-t-il dit à Jijel en appelant “ceux qui sont toujours dans les maquis” à “déposer les armes”.
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Mais, pour Djahid Younsi, candidat prônant “un Etat démocratique (…) dans le cadre des principes de l’islam”, il faut aller plus loin et “finaliser” le dossier de la réconciliation, “quitte à aller vers une amnistie générale”.
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Si celle-ci “met un terme à l’effusion de sang”, estime le candidat du mouvement El-Islah, “nous le ferons sans hésitation aucune”.
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“Les droits de chacun doivent être rétablis”, a-t-il dit, en affirmant la “nécessité” d’indemniser toutes les personnes “durement touchées par la tragédie nationale”.
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Mais “il ne peut y avoir de discrimination entre les victimes”, a-t-il ajouté, évoquant ainsi les familles des “disparus”, ces personnes soupçonnées d’affinités avec des groupes armés islamistes, arrêtées entre 1992 et 1998, et dont les familles sont sans nouvelles.
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L’Etat a reconnu en 2005 que des “agents de l’Etat” étaient responsables de la disparition de 6.146 personnes.
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Mais la Charte de 2005 a clos ce dossier, affirmant que “le peuple algérien souverain rejette toute allégation visant à faire endosser par l’Etat la responsabilité d’un phénomène délibéré de disparition”.
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Candidate du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune estime quant à elle que le pays n’est pas encore sorti complètement de la crise”, car le pacte pour la réconciliation “est loin de satisfaire les doléances des victimes de la tragédie nationale”.