L'Algérie n'a pas de “besoins réels pour hâter les privatisations”
Abdelhamid Temmar, Le ministre de l'Industrie et de la Promotion des investissements
Le ministre de l'Industrie et de la Promotion des investissements, M. Abdelhamid Temmar a estimé que l'Algérie n'a pas de besoin réel pour hâter les privatisations, soulignant que l'objectif recherché par l'Algérie à travers la privatisation est le développement de son économie.
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“En raison des rentrées des hydrocarbures, l’Algérie n’a pas un besoin réel pour hâter les privatisations”, a-t-il expliqué dans une interview accordée à la revue britannique “Oxford Business Group”.
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M. Temmar a motivé ce choix par le fait que les privatisations rapides ont pour objectif de faire gagner de l’argent aux Etats, or l’Algérie recherche à travers le processus de privatisation le développement de son économie.
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“L’Algérie veut être efficiente et compétitive, mais elle ne veut pas privatiser pour des rentrées financières seulement”, a souligné M. Temmar qui a ajouté que l’objectif des privatisations est “la recherche de partenaires stratégiques pouvant donner à l’économie algérienne la technologie, l’investissement, l’expertise et l’innovation”.
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A ce propos, le ministre a fait savoir que l’Algérie avait lancé 416 privatisations depuis 2003, dont 191 privatisations totales, 33 partielles de plus de 50%, 11 de moins de 50%, 69 reprises par les travailleurs, 29 joint-ventures, et 83 ventes d’actifs à des acheteurs privés.
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En 2007, les autorités concernées ont finalisé 68 privatisations totales, 13 partielles, 9 joint-ventures et 20 ventes d’actifs à des acheteurs privés, a encore fait savoir M. Temmar qui a indiqué qu’une trentaine de privatisations ont été finalisées en 2008.
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Questionné sur les réformes susceptibles de promouvoir l’investissement et le partenariat, il a indiqué que l’Etat a mis en place une stratégie pour la mise à niveau des entreprises privées suivant les standards internationaux afin de les rendre compétitives.
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La nouvelle politique de mise à niveau, a-t-il poursuivi, consiste “en l’envoi d’experts pour auditer ces entreprises, évaluer leurs besoins et les assister en leur procurant des recommandations et des investissements”.
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Concernant les entreprises publiques, leur mise à niveau se fera par la privatisation, a encore indiqué M. Temmar.
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Si elles sont reprises par des entreprises privées et que la procédure de mise à niveau n’est pas suffisante, la nouvelle entreprise privée pourrait s’inscrire aussi à la politique de mise à niveau, a-t-il dit :
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Sur ce point il a révélé que l’Etat a identifié 2.500 entreprises devant être mises à niveau et prises en charge durant les trois prochaines années.
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Cependant, ce schéma n’a pu être concrétisé après huit ans de son élaboration, ce qui a amené l’Etat à lancer le processus de diversification à travers quatre politiques qui sont: la promotion des investissements, la mise à niveau des entreprises, la privatisation et l’investissement par les entreprises algériennes dans les secteurs générateurs de croissance tels que la pétrochimie, l’industrie lourde et l’agro-industrie.
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Concernant le secteur bancaire algérien, le ministre a relevé que “bien que le secteur public soit toujours prédominant, le secteur privé se meut lentement depuis les quatre dernières années pour prendre sa place”.
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Il a annonce qu’une entreprise publique (Sofinance), qui est déjà opérationnelle deviendra la banque d’investissement qui aidera les investisseurs dans les différentes régions.