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Le Liban a enfin un président

Le Liban a enfin un président

LE LIBAN, qui n'y croyait plus, a enfin un président. Six mois après l'expiration du mandat de son prédécesseur, le général Emile Lahoud, un autre général, Michel Sleimane (59 ans), commandant en chef de l'armée libanaise, a été élu hier par 118 voix (sur 127) par les députés réunis pour une session historique du Parlement qui, auparavant, avait été convoqué en vain à… dix-huit reprises.     

Dans un Parlement qui se réunit enfin au coeur de Beyrouth, sous la haute protection de l’armée, tous les ennemis d’hier sont là : le Premier ministre Fouad Signora et les députés de sa majorité antisyrienne au grand complet, à commencer par le leader sunnite Saad Hariri, et ceux de l’opposition, comme le chiite Nabih Berri et les députés du Hezbollah.

« Le pays a eu assez de martyrs »

Quand il débarque hier midi à Beyrouth, Bernard Kouchner (qui revient au Liban pour la huitième fois en un an) se veut optimiste. « L’élection d’un nouveau président, c’est un pas dans la bonne direction. Cela a été plus long que nous l’espérions, mais le plus important, c’est que les Libanais revivent ensemble (…) C’est déjà un miracle d’avoir évité la guerre civile. Le pays va désormais connaître un état de grâce », confie le chef de la diplomatie française venu participer à l’événement.

Depuis deux ou trois jours, des portraits du général Sleimane en civil – sur fond de drapeau libanais – ont fleuri dans tout Beyrouth avec ce seul slogan « la dignité de la nation ». Son élection fait suite à la signature, mercredi à Doha, d’un accord négocié par le Qatar, qui donne à l’opposition menée par le Hezbollah chiite une minorité de blocage (de 11 ministres sur 30) dans le futur gouvernement. Conclu après le coup de force du Hezbollah début mai à Beyrouth, l’accord laisse cependant en suspens la question de désarmement de cette milice chiite seule à conserver officiellement son arsenal. Les armes du Hezbollah ? « C’est au général devenu président de régler les choses », lâche Kouchner.

Chrétien maronite, comme le veut la tradition à la tête de l’Etat libanais, selon l’accord de 1943 qui réserve par ailleurs le poste de chef du gouvernement à un sunnite et la présidence de la chambre à un chiite, le nouveau président s’est engagé hier à ramener la paix après avoir fait observer une minute de silence à la mémoire de tous les martyrs du Liban. Sa première tâche sera de désigner un nouveau Premier ministre qui puisse former un gouvernement d’union nationale.

« Nous serons au côté du nouveau président et espérons qu’il sera à la hauteur car le pays a eu assez de martyrs », confie Solange Gemayel, députée de Beyrouth et veuve du président Bachir Gemayel assassiné en novembre 1982. « C’est un nouveau départ pour le Liban, mais beaucoup reste à faire, souligne quant à elle Nayla Moawad, ministre des Affaires sociales et veuve du président René Moawad, lui aussi assassiné en novembre 1989. Nous autres chrétiens et démocrates du Liban, nous comptons toujours sur la France. » 

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