Le Maroc abolitionniste de la peine de mort,de fait, mais pas dans la loi
Prison à Layoun
Le Maroc est un pays qui de fait n'applique plus la peine capitale mais sans encore faire le pas vers l'abolition, a déclaré samedi Cécile Thimoreau, directrice de l'ONG française Ensemble contre la peine de mort (ECPM).
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“Le Maroc est abolitionniste de fait, mais pas encore dans la loi. Est-il possible qu’il fasse ce pas?”, s’est demandé Mme Thimoreau qui ouvrait un séminaire de deux jours à Rabat organisé conjointement avec le Conseil consultatif marocain des droits de l’Homme (CCDH, public), au lendemain de la journée mondiale contre la peine de mort.
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“Le Maroc, considéré par la communauté internationale comme abolitionniste de fait, est un pays digne de l’abolition de la peine de mort”, a dit Richard Sédillot, un participant membre d’ECPM. “Tout ce qu’on espère, c’est qu’il mesurera l’importance qu’il y a à abolir”, a t-il ajouté.
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“Le Maroc donnerait un signal fort comme premier pays arabe à abolir la peine de mort. C’est un pays qui a toujours établi des ponts entre l’orient et l’occident”, a estimé de son côté Claudius Fischbach, un représentant de l’ambassade d’Allemagne qui cofinance le séminaire.
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Le président du CCDH, Ahmed Herzenni, a déclaré que cette rencontre est “l’occasion d’ouvrir un débat objectif sur cette peine à partir d’approches juridiques, sociologiques et religieuses”.
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“Le droit à la vie est le plus important des droits de l’Homme”, a-t-il dit, rappelant que le roi Mohammed VI du Maroc avait entériné une recommandation de l’IER (une commission vérité dissoute en 2004) sur l’abolition, et chargé le CCDH de veiller à sa mise en oeuvre.
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Dans un message aux participants, le ministre de la Justice Abdelouahed Radi, a rappelé que les avis au Maroc sont partagés sur la peine de mort. “Ce séminaire est l’occasion de faire mûrir la réflexion et tenter d’arriver de manière progressive à un consensus”, a-t-il ajouté.
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Les tribunaux marocains continuent à prononcer des condamnations à la peine capitale contre des détenus de droit commun, et contre des islamistes jugés pour “terrorisme”, mais cette peine n’a plus été appliquée depuis 1993, date de l’exécution d’un commissaire de police condamné pour viol.