Le premier ministre algérien préconise “un troisième mandat” pour le président Bouteflika
Fidèle du président algérien, Abdelaziz Bouteflika, Abdelaziz Belkhadem, 63 ans, est le chef du gouvernement algérien depuis mai 2006 et le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN). Avec l'aide de ce parti majoritaire au Parlement, il vise à faire modifier la Constitution pour permettre au chef de l'Etat de briguer un troisième mandat en avril 2009.
Souvent qualifié par ses adversaires d’islamo-conservateur, Abdelaziz Belkhadem appartient à ce courant qui a toujours existé au sein du FLN, où la ligne entre nationalisme et religion est floue. Le chef du gouvernement cultive ainsi une image d’homme nationaliste et pieux à la fois.
Tout d’abord, un raffermissement des relations entre nos deux pays. Celles-ci sont déjà très bonnes, mais si nous voulons aboutir à un partenariat d’exception, il nous faut donner de la chair à ce partenariat. Nous souhaiterions, notamment, plus d’investissements français en Algérie, plus d’assistance technique, et plus de souplesse dans la circulation des personnes.
La France a une position qui relève de sa seule souveraineté. Mais nous considérons que le pays des droits de l’homme ne peut pas tourner le dos au droit des peuples à l’autodétermination et encore moins à la légalité internationale.
L’Algérie est favorable à toute initiative qui rapprocherait les deux rives de la Méditerranée. Mais celle qui nous a été exposée en 2007 par le président Sarkozy n’est plus celle qui nous est présentée aujourd’hui. Initialement, il s’agissait des seuls pays de la Méditerranée. L’objectif était de construire une union du même type que l’Union européenne, avec des projets à géométrie variable. Aujourd’hui, c’est une Union pour la Méditerranée, et non plus une Union méditerranéenne, et son contenu reste flou.
Cette union regroupe 44 pays et s’intègre fidèlement dans le processus de Barcelone, qui nous a déçus. Sur les trois volets – politique, économique et humain -, il n’y a guère eu d’avancées. Sur le plan humain, les choses se sont même dégradées, à la suite des mesures prises par les Etats de l’Union européenne, après le 11 septembre 2001. Et la France se limite à mettre en relief l’amélioration des conditions matérielles de délivrance des visas, sans préconiser des mesures tangibles pour mettre fin aux restrictions et discriminations auxquelles sont soumis les ressortissants algériens.
J’ajouterai, enfin, que si l’Algérie est favorable à une union de projets à géométrie variable, il ne faut pas que ces projets soient une couverture pour une normalisation rampante avec Israël.
Je ne peux pas m’avancer mais le président Bouteflika nous a toujours habitués à être là quand l’Algérie doit être représentée à son plus haut niveau.
Je dis qu’il n’est pas exclu que le président Bouteflika vienne à Paris pour ce sommet.
Au FLN, nous avons été les premiers à demander une telle réforme, et nous continuons de la souhaiter. De mon point de vue, cette révision aura lieu, c’est une question de temps. Nous préconisons un régime présidentiel fort, ainsi qu’un approfondissement de la pratique démocratique. Ce verrou de deux mandats nous paraît antidémocratique. C’est au peuple de décider (en avril 2009) s’il veut redonner sa confiance au président pour un troisième mandat. Nous sommes favorables à une élection présidentielle sans exclusion. A l’heure actuelle, c’est le président qui souffre d’exclusion en raison de cette limitation à deux mandats.
Un troisième mandat n’altérant pas l’équilibre des pouvoirs en Algérie, la voie parlementaire pourrait suffire.
On parle aussi d’une révision de la Constitution qui permettrait non pas un troisième mandat mais allongerait de deux ans l’actuel quinquennat. Autrement dit, le président Bouteflika pourrait rester chef de l’Etat jusqu’en 2011.
Au FLN, nous ne sommes pas favorables à cette manière de faire. Soit on permet un mandat plein et entier, soit on ne le permet pas.
Mais soyons très clairs : nous sommes pour une élection pluraliste. Le peuple choisira entre plusieurs candidats. Le président Bouteflika n’est pas en train de réclamer un mandat à vie.